Cet accord « constitue une violation manifeste des droits souverains de l’Égypte au sein de sa zone économique exclusive et de son plateau continental », a déclaré le ministère égyptien des Affaires étrangères.
Selon Le Caire, le texte, signé il y a près de sept ans mais jusque-là non ratifié, enfreint la Convention sur le droit de la mer et est par conséquent « nul et non avenu et dénué de tout effet juridique ».
Sa ratification par le Parlement libyen – avec le soutien de l’exécutif de l’est, rival du gouvernement internationalement reconnu de Tripoli, à l’ouest – « ne produit aucune conséquence juridique pour l’Égypte », a ajouté le ministère.
Le Parlement avait dans un premier temps rejeté l’accord. Sa ratification signale un réchauffement des relations entre le maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle l’est libyen, et la Turquie.
Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a longtemps été l’un des plus fervents soutiens du maréchal Haftar, mais des experts estiment que les relations se sont refroidies ces dernières années, l’est libyen ayant servi de plateforme pour acheminer un soutien aux paramilitaires soudanais face à l’armée, soutenue par Le Caire.
La Turquie et l’Égypte sont des alliés sécuritaires proches et coopèrent étroitement sur de nombreuses questions régionales, bien qu’ils aient longtemps été dans des camps opposés en Libye.
L’Union européenne a dit mardi « profondément regretter » la ratification de l’accord, qui « porte atteinte aux droits souverains d’États tiers », et réaffirmé sa « solidarité avec la Grèce – qui a rejeté le vote du Parlement libyen », et Chypre.
A sa signature en novembre 2019, le texte, par lequel Ankara entend étendre ses droits sur d’importantes zones maritimes, avait déjà été jugé illégal par Athènes et Nicosie, et dénoncé par l’UE.




