Il a été mis en examen le 1er mars pour corruption active d’agents publics étrangers et abus de biens sociaux, ont précisé ces sources.
Dans cette enquête commencée en 2010, le juge soupçonne que des commissions, sous couvert de contrats de consultant, ont pu servir à corrompre l’ancien ministre de la Défense malaisien, Najib Razak, aujourd’hui Premier ministre, via l’un de ses conseillers, Abdul Razak Baginda.
L’ancien président de Thalès International Asia (Thint Asia), Bernard Baïocco, a déjà été mis en examen en décembre pour corruption d’agents publics étrangers, en l’occurrence Najib Rakaz et Abdul Razak Baginda.
Au coeur de l’enquête, déclenchée par la plainte d’une ONG malaisienne, Suaram, la vente en 2002, après plusieurs années de négociations, de deux sous-marins Scorpène et d’un sous-marin Agosta à la Malaisie pour près d’un milliard d’euros.
En marge de la négociation, un contrat signé en août 2000 et baptisé « C5 ingénierie commerciale », prévoyait le versement par la DCNI, filiale de la DCN, de 30 millions d’euros à Thalès International Asia. La DCN était à l’époque détenue à 100% par l’Etat français.
Or, l’enquête montre qu’une autre société, Terasasi, dont l’actionnaire principal était le conseiller du ministre de la Défense, Abdul Razak Baginda, avait touché à peu près la même somme pour des consultations sur le dossier.
Les enquêteurs soupçonnent ces consultations de n’être qu’un paravent pour les pots-de-vins. Lors des auditions, le juge Roger Le Loire s’est interrogé à plusieurs reprises sur l’utilité des rapports rédigés au sein de Terasasi pour justifier le versement de la somme, selon une source proche du dossier.
« Nous réservons nos déclarations au juge d’instruction », a déclaré à l’AFP l’avocat de M. Castellan, Me Alexis Gublin.
« Le périmètre des responsabilités se dessine. Reste à identifier les bénéficiaires des commissions », a réagi pour sa part l’avocat de l’ONG Suaram, Me William Bourdon.
Un autre contrat, prévoyant le versement par la Malaisie à une société locale, Perimekar, de 114 millions d’euros, intéresse les juges mais il pourrait échapper à l’enquête, car les faits ne se seraient pas déroulés en France. Les enquêteurs ont découvert que Perimekar était dirigée à l’époque par l’épouse du conseiller du ministre.
En tant qu’ancien patron de la DCNI, Dominique Castellan a déjà été renvoyé en procès dans le volet financier de l’affaire Karachi, mais la Cour de cassation a récemment demandé un réexamen de l’enquête.
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