Mi-mars, les juges d’instruction avaient ordonné un procès contre l’homme d’affaires conservateur, présent dans la logistique et les médias (JDD, CNews, Europe 1), notamment pour corruption d’agent public étranger au Togo entre 2009 et 2011.
Mais ni M. Bolloré ni ses avocats ne se sont présentés jeudi à l’audience du tribunal correctionnel de Paris, qui devait statuer sur les modalités pratiques du procès, prévu du 7 au 17 décembre, a constaté l’AFP.
A la place, le tribunal a été informé en dernière minute du dépôt par Vincent Bolloré et ses deux co-prévenus de requêtes « en suspicion légitime avec effet suspensif ».
Cette procédure est considérée comme dilatoire par l’accusation dans un dossier où la défense a multiplié les recours. Le précédent, un ultime appel contre l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, a été déclaré irrecevable mi-mai.
« Il est urgent de juger ces faits, même si la défense fera tout pour nous en empêcher », a tonné le vice-procureur financier Jean-Christophe Michard, soulignant que les premiers faits reprochés au milliardaire dataient de 17 ans.
« Nous sommes confrontés à une difficulté créée par la défense pour manifestement retarder le jugement de ces faits », a-t-il ajouté, s’en remettant à l’examen de la requête par la Cour de cassation.
« Quelles que soient les manoeuvres de la défense, le ministère public fera toutes les diligences pour que l’affaire soit jugée dans un délai raisonnable, et si possible aux dates prévues », a-t-il poursuivi.
« Je ne suis pas étonné de cette demande de la part d’une défense qui fait incident sur incident depuis le début de l’instruction du dossier », a déploré de son côté l’un des avocats des parties civiles, Me Alexis Ihou, avocat de deux candidats malheureux à la présidentielle de 2010 au Togo.
Sollicités par l’AFP, les avocats de Vincent Bolloré n’ont pas réagi dans l’immédiat.




