Algolesko, pionnière dans la culture d’algues de masse, filière alléchante en Bretagne

La société, lancée par trois associés, a mis à l’eau à l’automne dernier quelque 50 kms de cordes sur lesquelles s’étaient fixées dans son écloserie les spores de la « Saccharina Latissima », une algue alimentaire prisée en Asie, notamment pour les bouillons.

Malgré les tempêtes à répétition de l’hiver dernier, la croissance des algues, appelées aussi Kombu royal, semble s’être déroulée comme prévu. Dans le canot où il vient chaque jour la surveiller, Jacques Prat, l’un des trois associés, extrait d’une des cordes quelques laminaires d’1 à 1,5 mètre, d’un brun lumineux, presque transparent et au goût délicatement iodé.

D’ici quelques jours, la récolte va commencer et s’étalera jusqu’à fin juin. Algolesko table sur quelque 500-600 tonnes de cette algue riche en glucides et minéraux. « On vise une algue de luxe », commente Jacques Prat.

Algolesko ne s’occupe que de la culture, du stockage et du séchage de cette algue alimentaire, utilisée aussi notamment dans l’industrie cosmétique. Son marché: celui des transformateurs français et étrangers, dont chinois, premier consommateur mondial, « séduits par la qualité que les eaux de Bretagne peuvent apporter », pointe l’exploitant.

Algolesko, qui investit 500.000 euros, s’est vu attribuer une concession de 150 ha. Mais pour l’instant, « on n’exploite que 50 ha, à titre d’expérimentation », explique un autre associé, Josick Thaëron, conchyliculteur à Riec-sur-Belon (Finistère). Dès l’an prochain, l’entreprise entend doubler la surface de production à Lesconil et malgré des réticences locales, espère exploiter à terme de nouvelles concessions sur 200 ha, à Moëlan-sur-Mer.

– Perspectives inédites –

Des surfaces et des perspectives de production inédites dans la région. C’est même « unique en France car les plus grandes concessions actuelles font entre 10 et 12 ha », analyse Jacques Prat selon lequel Algolesko créerait un emploi par dizaine d’hectares.

« C’est le premier projet d’envergure », se félicite Pierre Karleskind, vice-président de la Région Bretagne chargé de l’Europe et de la mer qui aide Algolesko à hauteur de 15.000 euros. « Ce projet, ajoute-t-il, c’est la concrétisation de notre volonté de développer des activités maritimes, dans des démarches de développement durable ».

La collectivité a lancé il y a environ deux ans un projet, Breizh’Alg, qui, malgré là encore des réserves, a pour objectif de développer la filière économique d’algoculture pour l’alimentation.

En France, la culture d’algues est encore embryonnaire. Or, les perspectives sont alléchantes.

Selon les chiffres 2011, cités par l’agence régionale Bretagne Développement Innovation (BDI), la production totale y a atteint 71.000 tonnes. L’algoculture n’a représenté qu’une cinquantaine de tonnes, quand la majeure partie (65.000 tonnes) a été réalisée par des navires goémoniers qui récoltent des algues sauvages.

Des chiffres à mettre en parallèle avec la consommation de la France, qui atteint quelque 180.000 tonnes, et le niveau des importations, soit en 2011 quelque 125.000 tonnes selon BDI.

Par ailleurs, la production mondiale, dominée par les pays asiatiques, dont la qualité des eaux se détériore, s’élevait en 2010 à plus de 15 millions de tonnes, destinée principalement à l’alimentation.

Et le marché ne cesse de se développer. « Connaissez-vous des marchés alimentaires avec une croissance supérieure à 6% par an depuis 30 ans au niveau mondial », confiait récemment à l’AFP Marc Danjon, le directeur du Centre d’études et de valorisation des algues (CEVA), basé à Pleubian (Côtes d’Armor).

La Bretagne, où sont implantés la plupart des acteurs — environ 70 PME, producteurs, transformateurs — a des atouts pour s’assurer une part de ce gâteau, notamment la qualité de ses eaux et des conchyliculteurs qui, confrontés à la mortalité des huîtres, pourraient à se lancer dans l’algoculture pour diversifier leur production et s’assurer un complément de revenus.

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