L’Islande figure parmi les trois seuls pays autorisant encore la chasse commerciale à la baleine, avec la Norvège et le Japon.
Le pays a délivré en décembre des licences à deux entreprises baleinières pour 2025-2029, fixant des quotas annuels de 209 rorquals communs et 217 petits rorquals pendant la saison de chasse, qui s’étend de mi-juin à septembre.
Les baleiniers islandais n’ont pas chassé de petits rorquals ces dernières années, affirmant que cette activité n’était pas rentable.
En 2018, six petits rorquals ont été chassés et en 2021, un seul.
Mais l’entreprise Tjaldangi a annoncé son intention de tenter l’expérience cet été.
« Nous commencerons par un. C’est un à la fois, » a déclaré cette semaine le directeur général Gunnar Torfason au média islandais Visir.
Son navire Halldor Sigurdsson et quatre membres d’équipage prévoient de chasser au large des côtes du pays, notamment près d’Isafjordur (nord-ouest).
La seule autre entreprise baleinière active ces dernières années en Islande, Hvalur (qui chasse uniquement les rorquals communs), a annoncé début avril qu’elle ne chasserait pas cette année pour la deuxième année consécutive en raison d’un manque de rentabilité.
La décision de reprendre la chasse a été critiquée par l’industrie touristique islandaise en pleine croissance, tout comme par les défenseurs des droits des animaux.
L’Association de l’industrie du voyage et l’Association islandaise d’observation des baleines ont récemment proposé que la baie d’Isafjordur soit définie comme sanctuaire pour les baleines.
« En plus d’être cruelle et injustifiée, cette chasse à la baleine ignore le fait que les baleines valent beaucoup plus pour l’économie vivantes que mortes », a déclaré à l’AFP une porte-parole de l’association Humane World for Animals, Wendy Higgins.
Gunnar Torfason a affirmé ne s’inquiéter ni des critiques ni du risque de protestations.
« Nous entretenons de très bonnes relations avec les habitants de la région. Je ressens beaucoup de bienveillance à Isafjordur et il y a beaucoup d’enthousiasme parmi les habitants des Westfjords à l’idée d’obtenir de la viande de petit rorqual cet été, » a-t-il déclaré.
« Il y a des exigences élevées concernant la chasse et il est crucial de garder à l’esprit le bien-être des animaux. On nous impose des exigences très strictes », a-t-il ajouté, faisant référence aux réglementations islandaises garantissant notamment que les baleines soient tuées rapidement pour éviter qu’elles ne souffrent.