Les deux syndicalistes, jugés par le tribunal correctionnel de Marseille pour « abus de confiance », ont également écopé d’une amende de 5.000 euros et 3.000 euros chacun.
L’avocat d’une des parties civiles, Henri Labi, souligne « l’exceptionnelle gravité » de l’infraction commise par les deux hommes, et qualifie de « coup de tonnerre » la déclaration d’inéligibilité de toutes leurs fonctions civiques.
La justice, alertée par un rapport de la Cour des comptes, reprochait à Pascal Galéoté, secrétaire du Comité social et économique (CSE) depuis 2015, et Bernard Cristalli, trésorier du CSE de 2014 à 2022, d’avoir indûment utilisé 264.833 euros de cette instance, dont les fonds sont destinés à financer des prestations à caractère culturel et social de l’ensemble des salariés.
Les deux hommes « ont ensemble réalisé les détournements en étant impliqués de manière similaire » selon le jugement. Le tribunal y voit « une atteinte à la démocratie sociale et à la confiance que la communauté des salariés peut avoir dans ses représentants. »
D’après la justice, des « frais de restauration, d’alimentation, de transport, de bureautique et divers achats » auraient été détournés au profit « d’une réalité personnelle et syndicale ».
Dans le détail: douze ordinateurs, quatorze téléphones portables, des tablettes, enceintes et écouteurs sans fil mais aussi ces 75 euros dans un bar à cocktail parisien tard la nuit, ou encore plus de 98.000 euros de frais dans des restaurants parfois hors de Marseille – « des journées de cohésion pour les élus du CSE », avait justifié un des mis en cause.
« On n’est pas dans une petite tricherie, on est dans un système organisé », estime Me Labi, représentant du syndicat des cadres Spicpam, qui s’est constitué partie civile, rappelant que le budget attribué au CSE « a été détourné dans des sommes absolument considérables. »
Il salue le « grand courage » du parquet qui a lancé les poursuites « alors qu’on sait que politiquement, il était peut-être plus prudent de fermer les yeux cette fois-ci. »
« Là, maintenant, la balle est entre les mains de la direction » du port, poursuit-il, indiquant qu’elle ne s’était pas constituée partie civile. « Que faites-vous maintenant? Est-ce que vous continuez à fermer les yeux alors que le parquet a poursuivi? ».




