« Nous avons des exigences à l’égard des Iraniens et des Américains », a dit la présidence française à des journalistes.
« Nous pouvons offrir à l’Iran de passer à nouveau à travers le détroit d’Ormuz, nous pouvons permettre que ses tankers passent dans le détroit d’Ormuz à une condition, c’est que l’Iran accepte de s’engager dans la négociation sur le fond à laquelle les Américains l’invitent. Ce que nous disons aux Américains, c’est qu’ils doivent lever leur blocus d’Ormuz et empocher la disponibilité de l’Iran pour négocier sur les questions de fond ».
Dans ce contexte, le franchissement du canal de Suez par le porte-avions français Charles-De-Gaulle permet d’envoyer « le signal que non seulement nous sommes prêts à sécuriser le détroit d’Ormuz mais que nous en sommes aussi capables », a ajouté un conseiller d’Emmanuel Macron, assurant parler au nom de la coalition des pays non-belligérants lancée en avril à Paris en vue d’une mission « neutre ».
Si les conditions évoquées sont remplies, cette « coalition maritime » peut « déployer des moyens dans la région qui garantissent la sécurité des bâtiments croisant dans le détroit et donc permettre de restaurer la confiance nécessaire à l’apaisement des marchés du pétrole, mais aussi à la baisse des primes d’assurance et au rétablissement des flux normaux du commerce ».
Selon l’Elysée, « la raison pour laquelle nous avons aujourd’hui à produire un nouvel effort est que tout simplement le blocus d’Ormuz se poursuit, les dégâts sur l’économie mondiale sont de ce fait de plus en plus marqués, et le risque d’une prolongation des hostilités est trop sérieux pour que l’on puisse s’y résoudre ».
Le fait qu’un cargo de l’armateur français CMA CGM ait été touché par une attaque mardi « permet d’illustrer à nouveau la validité de la démarche que nous avons engagée » avec cette coalition, a estimé le conseiller présidentiel.
« Nous avons vu au cours des derniers jours la difficulté qu’Américains et Iraniens ont de s’entendre sur une formule préservant la liberté de navigation », a-t-il poursuivi, appelant à « distinguer la question de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz de tout le reste ».
Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer sont à l’origine d’une initiative pour sécuriser la navigation dans le détroit, bloqué depuis le début du conflit, le 28 février, opposant l’Iran aux Etats-Unis et à Israël.
Cette potentielle mission de sécurisation, qui ne pourrait être déclenchée qu’une fois que les hostilités auront cessé, se veut « neutre » et « bien distincte des belligérants » avait affirmé mi-avril le président français à l’issue d’une conférence avec plus de 40 pays.
La guerre au Moyen-Orient a fait monter globalement les cours du pétrole, avec une grande partie des exportations de brut des pays du Golfe bloquées en raison de la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz, et de nombreuses frappes sur les infrastructures énergétiques.




