« Dans l’un de ses récents discours, le président américain a dit que depuis 47 ans l’Amérique n’a pas réussi à détruire la République islamique… Je vous le dis: vous n’y arriverez pas », a-t-il dit dans un discours, au moment même où se tenaient près de Genève des pourparlers avec les Etats-Unis.
Washington a envoyé en janvier dans la région du Golfe le porte-avions USS Abraham Lincoln, qui se trouve toujours au large de l’Iran à environ 700 kilomètres de ses côtes. Un deuxième porte-avions, le Gerald Ford, doit le rejoindre, à une date qui reste incertaine.
De leur côté, les Gardiens de la Révolution mènent depuis lundi des manoeuvres militaires dans le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole.
« Nous entendons sans cesse dire » que les Etats-Unis « ont envoyé un navire de guerre vers l’Iran », a souligné le guide suprême. « Un navire de guerre est certes une arme dangereuse, mais l’arme capable de le couler l’est encore plus », a-t-il lancé.
Il s’est par ailleurs montré sceptique sur les pourparlers qui se sont déroulés mardi en Suisse pour éloigner le risque d’une intervention militaire des Etats-Unis.
« Déterminer à l’avance l’issue des négociations est une erreur et une folie », a-t-il commenté, en faisant référence aux appels répétés lancés par les Etats-Unis à Téhéran pour qu’il renonce à son programme nucléaire.
Les pays occidentaux et Israël, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire.
Téhéran dément nourrir de telles ambitions, mais insiste sur son « droit inaliénable » à développer une filière nucléaire civile et à enrichir l’uranium, notamment pour l’énergie, conformément aux dispositions du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.
« Les déclarations du président américain, tantôt menaçantes, tantôt dictant ce qu’il faut faire ou ne pas faire, révèlent une volonté de dominer la nation iranienne », a fustigé le guide suprême iranien.
Téhéran a souligné à de maintes reprises que les discussions devaient rester strictement limitées à la question nucléaire, rejetant toute négociation sur son programme de missiles.
Cela « ne concerne absolument pas » les Etats-Unis, a répété mardi M. Khamenei, cité par l’agence de presse Fars.




