« Donald Trump est un ignorant », a commenté auprès de l’AFP Huguette Bello, un temps pressentie l’été dernier pour être Premier ministre, alors que La Réunion est particulièrement touchée par la décision américaine et verra ses produits taxés à hauteur de 37%, contre 20% pour l’UE.
Pour la présidente (DVG) de la collectivité régionale, « La Réunion fait partie de l’ensemble douanier européen, des droits de douane spécifiques ne peuvent donc pas nous être appliqués ».
Selon un tableau de la Maison Blanche récapitulant les nouvelles surtaxes douanières américaines, les départements et territoires ultramarins français vont être soumis dans les prochains jours à des niveaux de taxation individuels, allant de 10% pour les Antilles françaises, la Guyane et Mayotte jusqu’à 50% pour les produits importés de Saint-Pierre-et-Miquelon.
Dans un communiqué, la région Réunion a fait part de sa « consternation » face à une décision « qui n’a aucun sens » selon elle.
« Nonobstant les incohérences de ces propositions et les risques qu’elles font courir à l’économie mondiale, certaines d’entre elles apparaissent irréalistes et même juridiquement infondées », ajoute le communiqué, qui critique les « manoeuvres de désinformation » du président américain.
Les échanges entre La Réunion et les Etats-Unis sont faibles, mais pas inexistants. Selon l’Iedom, l’organe de la Banque de France dans les outre-mer, La Réunion a exporté pour 391,3 millions d’euros de biens en 2023.
La France métropolitaine est le principal partenaire de l’île, devant la Chine et le reste de l’Union européenne, mais l’île exporte des produits de pêche pour un peu moins de 40 millions d’euros aux Etats-Unis.
Les annonces de Donald Trump ont suscité incompréhension et perplexité dans les territoires ultramarins français.
« C’est une attaque qui n’est même pas voilée contre la France, c’est quelque part une contestation de la présence française dans ces territoires », a commenté devant des journalistes l’ancien ministre des outre-mer et sénateur PS de Guadeloupe Victorin Lurel, appelant à « une réaction du président de la République, du gouvernement, sur cette affaire ».