Le « Système de Combat Aérien du Futur (SCAF) a un avenir avec deux avions de combat différents », affirme dans un communiqué le rapporteur pour la Luftwaffe au sein de la Commission défense au Bundestag.
Les dirigeants Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Pedro Sanchez pourraient se pencher mercredi, jeudi ou vendredi sur le sujet car ils se retrouvent à Bruxelles pour des sommets européens.
« La France et l’Allemagne n’ont pas besoin forcément du même avion », explique Volker Mayer-Lay, pour qui Paris « a besoin d’un système conçu pour la dissuasion nucléaire, y compris l’utilisation de porte-avions et l’intégration spécifique de vecteurs », tandis que Berlin a « d’autres priorités opérationnelles ».
« Un tel modèle (avec deux avions, ndlr) permettrait de mieux répondre aux besoins militaires nationaux et surmonter les blocages de coopération industrielle », a-t-il ajouté, plaidant pour le maintien d’une coopération sur certains piliers précis du SCAF comme le « cloud de combat », le système digital dans lequel l’ensemble des objets sont connectés.
Berlin et Madrid (représentés par Airbus dans ce dossier) sont particulièrement exaspérés par la position de l’avionneur français Dassault qui réclame plus d’autonomie dans son rôle de maître d’oeuvre industriel, pour lequel il a été désigné par les trois Etats.
Le coût total du programme SCAF avec un seul avion est estimé à 100 milliards d’euros à trois pays. Mécaniquement, s’il faut en contruire deux, chaque avion deviendra plus cher.
Selon un connaisseur du secteur, pour la France, construire un avion seul coûterait 70 à 80 milliards pour un résultat inférieur. Et ce dans un contexte particulièrement difficile puisque Paris doit à tout prix réduire ses déficits et sa dette.
Dans son communiqué, M. Mayer-Lay a plaidé pour que l’Allemagne se montre « ouverte à d’autres partenariats », évoquant la possibilité de coopération avec les Britanniques, Italiens et Japonais au sein du programme Global Combat Air Programme (GCAP) ou avec le Suédois Saab.
Malgré les divergences, les gouvernements français, allemand et espagnol cherchent à trouver un accord d’ici la fin de l’année, alors que le SCAF a pour ambition de remplacer le Rafale en France et l’Eurofighter en Allemagne et en Espagne à l’horizon 2040.
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