Franky Zapata, un autodidacte qui a réalisé son « rêve fou de voler »

« Je ne suis jamais aussi bon que quand j’ai le dos collé au mur », confiait-il samedi à la veille de réussir la traversée de la Manche debout sur cet engin propulsé par des mini-turboréacteurs. Une allusion à son premier échec, à mi-chemin, le 25 juillet, 110 ans jour pour jour après l’exploit de Louis Blériot, premier aviateur à avoir franchi le détroit.

Ce nouveau pari un peu fou de traverser la Manche laissait perplexe il y a encore quelques semaines même si, lors du défilé militaire du 14 juillet à Paris, Franky Zapata avait laissé bouche bée le public en survolant quelques minutes les Champs-Elysées, fusil au bras, à bord de sa machine devant la tribune présidentielle.

Mais le clan Zapata -son épouse Krystel, omniprésente à ses côtés, son fils de 10 ans, Mat, et toute son équipe- croyaient dur comme fer aux chances de celui qui rappelle que, dans son ancien sport, le jet-ski, « la seule manière de vivre correctement, c’était d’être numéro un ».

« C’est vraiment un gars en or ! Du coup, on a tous envie de se décarcasser pour lui. Son exploit, c’est le nôtre ! » confiait la semaine dernière à l’AFP Jacky, un membre de son équipe.

Brun, plutôt petit (1m68) mais athlétique, l’accent marseillais, gouailleur, Franky Zapata arbore toujours un large sourire. Ce « dyslexique, dysorthographique et daltonien » qui a arrêté l’école « à 16 ans » n’avait a priori pas toutes les cartes en main pour devenir un as des mers puis des airs.

– « Il ne s’arrêtera jamais » –

« Il ne différenciait pas les bouées jaunes et rouges qui indiquent les passages à droite ou à gauche », a confié sur franceinfo son ami et ancien rival, l’animateur Vincent Lagaf’. « Du coup, il restait en deuxième ou troisième position pour suivre les autres jusqu’au dernier tour, puis il lâchait les chevaux pour l’emporter ».

Ce fils d’entrepreneur en BTP, passionné de mécanique, qui jugeait ses jet-skis pas assez puissants, décide alors de les fabriquer lui-même. « Il était capable de souder deux moteurs pour en faire un V8. Il a tout appris sur Google », ajoute Vincent Lagaf’.

« Cascadeur, pilote, chef d’entreprise, inventeur ? Je ne sais pas ce que je suis, un peu tout à la fois et rien en même temps », tentait récemment d’expliquer Franky Zapata.

Plusieurs fois champion d’Europe et du monde dans la catégorie « Runabout » (assis), Franky Zapata entreprend en 2011 de décoller.

Il aurait toutefois pu, tel Icare, se brûler les ailes dans son désir de conquête des airs. Dans les différentes étapes qui l’ont conduit à perfectionner son « Flyboard » dans les ateliers de son entreprise au Rove (Bouches-du-Rhône), il a ainsi eu deux phalanges sectionnées lors d’une expérimentation.

Franky Zapata, qui concède « une part de folie », poursuit pourtant son objectif et réussit en 2016 à faire de son engin une véritable machine volante autonome, alimentée en kérosène. Plus besoin d’eau pour se propulser et décoller.

« De toute façon, rien ne l’arrête. Il est comme ça, il ne s’arrêtera jamais ! », confiait à la presse son épouse Krystel après sa traversée réussie de la Manche.

Seul moment où le champion tout de noir vêtu a semblé craquer dimanche, en fondant en larmes: quand son fils lui a lancé au téléphone, juste après son arrivée à St Margaret’s Bay: « Tu es le meilleur, papa ! ».

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