Quinze migrants, dont quatre femmes, ont été tués mardi lors d’un accident avec un patrouilleur des gardes-côtes grecs au large de l’île de Chios, située à quelques encablures des côtes turques.
Le Marocain, présenté par les médias comme un trentenaire, a clamé son innocence, selon ses deux avocats cités par l’agence de presse grecque.
Il a été hospitalisé après l’accident, et son placement en détention devrait intervenir dans les prochains jours.
« Il n’existe pas d’indices sérieux de culpabilité (…) En aucun cas, il n’admet avoir piloté cette embarcation », a assuré l’un de ses deux défenseurs, Alexis Georgoulis.
« Dès le stade préliminaire (de l’enquête), cinq personnes ne l’ont pas reconnu comme l’auteur des faits », a-t-il poursuivi. « Dans les six dépositions complémentaires recueillies par la juge d’instruction, aucun des passagers ne l’a identifié comme le pilote de l’embarcation », a-t-il ajouté.
Plus de vingt personnes ont également été blessées lors de la collision. Six enfants, certains souffrant de multiples fractures, ont été transférés samedi dans un hôpital pédiatrique d’Athènes.
La police portuaire et le ministre des Migrations ont assuré que l’accident avait été provoqué par le bateau de migrants, tentant d’échapper aux autorités grecques qui lui avaient ordonné de s’arrêter.
Mais des ONG, l’opposition de gauche et certains médias ont émis des doutes, pointant notamment du doigt le fait que la caméra thermique du patrouilleur n’avait pas été mise en marche.
Aucun des rescapés qui, selon le directeur de l’hôpital de Chios, sont des Afghans, n’a jusqu’ici témoigné directement des circonstances de l’accident.
Or, selon l’un des avocats du Marocain, Dimitris Houlis, « tous les témoins entendus affirment qu’il n’y a eu aucun signal, aucun avertissement, aucun gyrophare, aucun phare, aucune lumière, aucun ordre de s’arrêter » de la part des gardes-côtes grecs.
« Il n’y a eu qu’une collision provoquée par le navire des garde-côtes. Ils avançaient tout droit, sans dévier ne serait-ce qu’une seconde », a-t-il également assuré.
Le Premier ministre conservateur, Kyriakos Mitsotakis, a dit « attendre une enquête complète » sur les circonstances de cette collision.
La Grèce a été accusée à plusieurs reprises ces dernières années par des ONG et des médias internationaux, vidéos et témoignages détaillés à l’appui, de pratiquer des refoulements illégaux de migrants vers la Turquie.




