Grèce : l’UE durcit le ton, les banques repartent en flèche

« Nous respectons le suffrage universel en Grèce, mais la Grèce doit aussi respecter les autres, les opinions publiques et les parlementaires du reste de l’Europe », a ainsi tonné le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker au quotidien français le Figaro, soulignant qu' »il n’était pas question de supprimer la dette » d’Athènes même si « des arrangements étaient possibles ».

L’alternance politique en Grèce et les changements décidés par le nouveau gouvernement d’Alexis Tsipras « ne doivent pas se faire au détriment » des autres Européens, a déclaré de son côté le ministre allemand de l’Economie, Sigmar Gabriel.

Le Président du Parlement européen Martin Schulz était attendu à Athènes jeudi. Lui aussi a semblé jeudi moins conciliant que d’habitude. Sur LinkedIn, dans un point de vue intitulé « Ni drame ni drachme en Grèce », M. Schulz observe que « si le nouveau gouvernement Syriza veut +dire non à tout+, alors l’élan de M. Tsipras pourrait être de courte durée ».

Un autre poids lourd de l’Europe, Jeroen Djisselbloem, le président de l’Eurogroupe qui regroupe les ministres des Finances de la zone euro, devait également se rendre à Athènes vendredi.

Les Européens n’ont pas été les seuls à manifester leur inquiétude jeudi. La Chine s’est dite « vivement préoccupée » d’une des mesures phares annoncées mercredi: le gouvernement Tsipras a l’intention de suspendre le processus de privatisation du port du Pirée, où le géant chinois du fret maritime Cosco est déjà présent.

« Nous avons appris par des articles de presse que le nouveau gouvernement en Grèce a annoncé (…) mettre un terme à la privatisation du port du Pirée. Cela nous préoccupe beaucoup », a ainsi déclaré Shen Danyang, porte-parole du ministère chinois du Commerce.

« Nous comptons exhorter le gouvernement grec à protéger les droits et intérêts légaux des sociétés chinoises en Grèce, dont Cosco », a-t-il ajouté.

Cette annonce sur l’arrêt des privatisations d’infrastructures fait partie d’un véritable inventaire à la Prévert d’annonces de réformes, allant de l’augmentation des petites retraites à celle du salaire minimum, en passant par le retrait des barrières limitant l’accès du public devant le parlement.

-‘Le mémorandum, c’est terminé’-

Toutes sont directement tirées du programme de Syriza, et toutes, sauf les plus anecdotiques, offensent la rigueur budgétaire préconisée par la troïka (UE, BCE, FMI) qui supervise le pays depuis quatre ans en échange de prêts massifs.

Toute la journée de mercredi, tout en assurant qu’ils voulaient instaurer « une nouvelle relation de confiance et de sincérité » avec leurs partenaires, Alexis Tsipras et son ministre des Finances Yanis Varoufakis ont multiplié les déclarations montrant qu’ils n’avaient plus la moindre intention de se plier à la troïka.

« Le mémorandum (les plans d’aide en échange de réformes difficiles, NDLR), pour nous, c’est terminé », a lancé le vice-Premier ministre Yannis Dragasakis.

L’hypothèse d’un « krach » des banques s’est cependant éloigné jeudi. La veille, elles avaient été plombées par les mauvaises nouvelles et les mises en garde, entre un membre de la Bundesbank qui évoquait un risque « fatal » pour elles si le gouvernement ne respectait pas les préconisations de l’UE et des chiffres de la Banque de Grèce montrant que les retraits bancaires étaient passés de 3 milliards d’euros en décembre à 11 en janvier.

La Bourse d’Athènes, après une chute de 9% la veille, gagnait 2,89% vers 12h15 GMT, les quatre grandes banques, Alpha, Banque nationale de Grèce, Banque du Pirée et Eurobank prenant entre 5,02% et 16,97%.

M. Dragasakis s’était voulu rassurant mercredi, évoquant l’objectif de « renforcer les banques, d’améliorer leur position et plus généralement de développer notre économie ».

Mais le taux de l’obligation grecque à 10 ans était à plus de 11% jeudi après-midi, un signe très net de défiance des marchés.

Après les visites de M. Schulz et Djisselbloem à Athènes, c’est M. Varoufakis qui ira la semaine prochaine à Rome et Paris. « Tsipras préfère apparemment les pays où il espère du soutien », ironisait Christian Schulz de la banque Berenberg.

od/LyS

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