Hantavirus: début des évacuations du MV Hondius aux Canaries

Granadilla de Abona (Espagne), 10 mai 2026 (AFP) – Les premières évacuations des près de 150 passagers et membres d’équipage du navire de croisière MV Hondius, où a été détecté un foyer d’hantavirus, ont débuté dimanche matin dans un port de l’île de Tenerife, dans les Canaries, une opération qui ne prendra fin que lundi.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recense six cas confirmés d’hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare, pour lequel il n’y a ni vaccin ni traitement. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu. La crise a suscité un intérêt mondial, six ans après la pandémie de Covid-19 qui reste dans toutes les têtes.

« Le débarquement des passagers espagnols et du membre de l’équipage espagnol commence », a indiqué à 08H30 GMT le ministère espagnol de la Santé sur Telegram.

Sur place, une journaliste de l’AFP a vu cinq personnes assises à l’arrière d’un zodiac portant des masques FFP2.

Au total, plus d’une centaine de personnes doivent être évacués dans les prochaines heures du MV Hondius, qui est entré vers 05H00 GMT dans le petit port de Granadilla de Abona, dans le sud de Tenerife, île de l’Océan Atlantique.

Puis, vers 06H30 GMT, des fonctionnaires du ministère espagnol de la Santé « sont montés à bord du navire », comme prévu, pour « faire un examen » médical de la centaine d’occupants, a expliqué la ministre espagnole de la Santé, Mónica García, lors d’un point-presse. « Ils sont tous asymptomatiques », a-t-elle dit.

– Dernier vol de rapatriement lundi –

Du MV Hondius, les passagers sont ainsi en train d’être transférés vers la terre ferme, par groupes de cinq, d’où ils seront immédiatement conduits jusqu’à l’aéroport de Tenerife-Sud, situé à une dizaine de minutes, pour être rapatriés dans la foulée par avion vers leur pays d’origine.

Les vols de rapatriement vont s’enchaîner, en commençant par les 14 Espagnols qui doivent être mis dès dimanche en quarantaine dans un hôpital militaire de Madrid, puis ceux en direction des Pays-Bas, du Canada, de la Turquie, de France, du Royaume-Uni, d’Irlande et des Etats-Unis, a détaillé Mónica García.

« Le dernier vol est prévu pour demain, ce sera un vol en direction de l’Australie », a prévenu la ministre espagnole face aux journalistes.

Le gouvernement central à Madrid a répété que le dispositif mis en place assurait qu’il n’y aurait « aucun contact » tout au long de la chaîne avec la population locale. Une zone maritime d’exclusion temporaire a notamment été créée autour du bateau de croisière à son arrivée et le trajet au sol « isolé ».

Toutefois, tous les occupants ne descendront pas aux Canaries, puisqu’il est prévu qu’une partie de l’équipage du MV Hondius restera à bord du navire, qui poursuivra sa route vers les Pays-Bas, où il est immatriculé par le croisiériste Oceanwide Expeditions.

En milieu de semaine, trois personnes avaient déjà été débarquées au Cap-Vert avant de rejoindre l’Europe en avion médicalisé.

– Surveillance pendant 42 jours –

En l’état, tous les passagers du MV Hondius, parti le 1er avril d’Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des « contacts à haut risque » et devront faire l’objet d’une surveillance pendant 42 jours, selon l’OMS.

Ces derniers jours, les autorités régionales des Canaries s’étaient fermement opposées à l’accostage sur l’archipel du MV Hondius, des habitants exprimant également leurs craintes, six ans après la pandémie mondiale de Covid qui reste dans toutes les têtes.

A son arrivée aux Canaries samedi soir, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait dit « entendre » et « comprendre » l' »inquiétude légitime » de la population locale, soutenant toutefois, comme dans une lettre adressée aux habitants, que « le risque (pour eux) était faible ».

L’OMS répète que la situation actuelle n’est pas comparable à celle du début de l’épidémie de Covid-19 en 2020.

L’hantavirus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l’intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive.

Mais des experts ont confirmé que la variante du virus détectée à bord du navire, l’hantavirus Andes, était une souche rare qui peut se transmettre d’homme à homme avec un délai d’incubation pouvant aller jusqu’à six semaines.

Les autorités sanitaires de plusieurs pays se sont ainsi efforcées ces derniers jours de retrouver les cas contacts pour les isoler et procéder à des tests, de façon, ainsi, à remonter la chaîne de contamination et l’endiguer.

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