Cette cheffe du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine AP-HP a estimé sur RTL qu' »on a tiré les leçons de ce qui s’est passé pendant le Covid », au vu d’une réunion à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à laquelle elle a participé lundi.
« On a appris du Covid parce que maintenant on travaille ensemble. Au début du Covid, il n’y a pas eu beaucoup de transparence sur l’information et on a travaillé un peu tous en ordre dispersé. Là, depuis le début de cette crise, il y a eu une vraie harmonisation sur la diffusion de l’information, claire et transparente. Et surtout, tous les scientifiques travaillent main dans la main avec les politiques », a développé la Pr Lacombe.
Sur la surveillance et le suivi des cas contacts, « une règle commune a été proposée par l’OMS. Mais après, chaque pays est souverain ». « En Europe, les recommandations de l’OMS ont été appliquées quasiment à la lettre (…) ce n’est pas le cas aux États-Unis où le suivi a été beaucoup plus erratique. Un peu comme toute la politique actuellement aux États-Unis, ils font un pas en avant, deux pas en arrière. On espère que la science prendra le dessus. »
Avec l’hantavirus, « on n’est pas du tout dans le même contexte qu’avec le Covid », a souligné l’infectiologue.
C’est « un virus qu’on connaît bien, et cette souche Andes (…) localisée dans des zones particulières d’Amérique du Sud existe là-bas depuis très longtemps. Ça a toujours été des petites épidémies », a-t-elle rappelé. « Avec les moyens de protection en place, on ne devrait pas avoir d’épidémie d’ampleur ».
Les deux dernières épidémies montrent qu' »a priori, on est très transmissible quand on commence à avoir des symptômes, de la fièvre, de la diarrhée, etc. », mais « on n’a encore aucune certitude qu’on soit infectieux avant des symptômes », a précisé la Pr Lacombe.
En revanche, « le degré d’inquiétude assez élevé est pour les patients contacts et surtout pour les personnes qui déclarent des symptômes, parce que c’est une maladie avec une létalité importante ».
Pour la souche Andes, le taux de létalité -proportion de personnes susceptibles de décéder parmi celles infectées, à ne pas confondre avec la mortalité pour toute la population- est estimé entre 35 et 50%.




