L’Assemblée territoriale « a adopté le principe de lancement d’une nouvelle consultation citoyenne pour le choix de l’hymne de la Martinique », ainsi que la mise en place d’une « commission ad hoc chargée d’en définir la méthodologie », a indiqué la CTM dans un communiqué, à l’issue d’une séance plénière.
Cette délibération s’inscrit dans la « politique de développement culturel et de préservation de l’identité » de cette île antillaise, est-il précisé en préambule du texte, adopté à l’unanimité par les conseillers territoriaux.
Cette démarche intervient deux ans après l’annulation partielle, en mai 2024, par le tribunal administratif de Fort-de-France, d’une délibération de l’année précédente, par laquelle l’Assemblée de Martinique avait officialisé un hymne et un drapeau, au terme d’un processus tortueux, émaillé de polémiques.
Après avoir été saisie par deux particuliers qui dénonçaient des irrégularités dans le processus de désignation de l’hymne martiniquais, la justice avait invalidé pour vice de forme les articles officialisant l’oeuvre musicale intitulée « Ansanm » (« Ensemble », en créole).
La cour n’avait toutefois pas remis en question l’adoption, menée en parallèle par la CTM, d’un drapeau aux couleurs panafricaines, conçu dans les années 1960 par des militants indépendantistes.
L’emblème martiniquais flotte dans « toutes les manifestations » sportives et culturelles où l’île est représentée, a rappelé Serge Letchimy, le président du conseil exécutif de la CTM, lors d’une conférence de presse après le vote.
« Au Superbowl, nous avions notre drapeau », a-t-il ajouté, évoquant avec « fierté » la présence des couleurs martiniquaises aux côtés des drapeaux des pays et territoires des Amériques pendant le concert du chanteur portoricain Bad Bunny, le 8 février à Santa Clara (Etats-Unis).
En novembre 2021, le tribunal administratif avait déjà annulé l’adoption des deux symboles choisis deux ans auparavant par la collectivité, au sein d’un processus consultatif jugé défectueux, alors que la Martinique cherchait, depuis plusieurs années, à remplacer son étendard aux quatre serpents, hérité de la période coloniale et associé à la traite négrière.
La désignation d’un hymne n’est « pas un geste de rupture » avec la France mais « un acte de dignité », a souligné M. Letchimy.




