« C’est notre mission en tant qu’Océanien. Et on espère aussi que ça puisse inspirer d’autres pays, notamment les plus grands, dans leur manière de gérer leur relation à l’océan », a déclaré M. Brotherson lors d’une interview à l’AFP.
Depuis 2025, l’ensemble de la zone économique exclusive (ZEE) polynésienne, soit environ 4,8 millions de km2, est classé AMP.
Et 1,1 million de km2 bénéficiait jusqu’ici du plus haut niveau de protection (catégories 1 et 2), « des zones +no-take+, où seules les activités de tourisme durable et certaines activités de pêche traditionnelle peuvent être autorisées », explique le président polynésien.
Parmi celles-ci, 900.000 km2 sont soumis à la protection la plus stricte, dont un parc marin de 680.000 km2 aux Gambier et une réserve de 220.000 km2 près des îles de la Société.
« On va ajouter deux nouvelles AMP, l’une au nord-est des Marquises et la deuxième au sud des Australes, qui va venir augmenter au total d’un demi-million de kilomètres carrés l’ensemble des AMP » de classes 1 et 2, a expliqué Moetai Brotherson.
L’officialisation de cette annonce doit avoir lieu dimanche en Polynésie (lundi à Paris), en marge de la Journée mondiale de l’océan. Cette mesure concrétise l’engagement pris par le territoire au sommet de l’ONU sur l’océan (Unoc) à Nice en juin 2025, qui avait vu la création de l’AMP polynésienne, nommée Tainui Atea.
Le président polynésien a par ailleurs regretté le manque de financement de l’État. « Depuis l’Unoc, les seuls qui mettent de l’argent dans le contrôle des AMP, c’est soit la Polynésie elle-même, soit les ONG », qui ont réuni 15 millions de dollars, a-t-il dit.
Il a jugé « pas suffisante » la surveillance de cette zone, que la France protège avec un patrouilleur multimissions, et bientôt un deuxième. « On demande à l’État, au moins, de participer à la réflexion et de définir avec nous les moyens supplémentaires qu’il faut mettre en oeuvre », a-t-il déclaré.
La création de l’AMP polynésienne avait permis à la France, dont le domaine maritime couvre 11 millions de km2 (le deuxième au monde), de porter à 78% la part de ses eaux placées sous protection, un terme large qui inclut des zones où les restrictions d’activités sont minimales.
Sur cette surface, 14,8% sont considérées comme fortement protégées, contre 4,8% avant l’annonce de la Polynésie.




