Le rassemblement, auquel se sont jointes quelques centaines de personnes, a regroupé 330 personnes selon la préfecture et 700 selon les organisateurs. Une vingtaine d’élus ont été reçus en préfecture pour remettre une motion alertant sur les conséquences de cette baisse.
En cause, la baisse annoncée du nombre de contrats parcours emploi compétences (PEC), un dispositif visant à favoriser l’insertion en aidant financièrement les collectivités et les associations qui embauchent des personnes en recherche d’emploi.
Le 5 mai, le préfet de La Réunion Patrice Latron avait annoncé aux maires une baisse drastique du financement de ce dispositif, alors que l’île bénéficie de 25% des crédits nationaux dédiés au PEC.
Seulement 4.000 contrats PEC sont ainsi prévus à La Réunion pour l’année 2026, contre 10.000 en 2025. La prise en charge de l’État a été fixée à 40% du SMIC et pour une durée de six mois, contre 50% et dix mois en 2025.
Ces annonces avaient soulevé la colère des maires, rapidement rejoints par Huguette Bello, la présidente de la région, et Cyrille Melchior, président du conseil départemental. Tous dénoncent un coup de massue, alors que le taux de chômage à La Réunion était de 20% en 2025 selon l’Insee, et que 36% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Plusieurs maires ont indiqué ne pas être en mesure de garantir que la prochaine rentrée scolaire se passera dans de bonnes conditions. Dans les communes, les agents recrutés en contrats PEC sont majoritairement affectés aux services des écoles et de l’entretien des espaces publics
« Sur un total de 1.600 personnels au Tampon, on compte 800 contrats PEC, soit 50% des agents », a par exemple détaillé mercredi Alexis Chaussalet, maire LFI de cette commune du sud de l’île.
« Il faut se battre. Ce combat est juste, c’est le combat de la dignité par le travail », a de son côté commenté Ericka Bareigts, maire PS de Saint-Denis.
Interpellé mardi par le député réunionnais Frédéric Maillot, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a expliqué que « La Réunion constitue le territoire qui bénéficie le plus de ce mécanisme » et dit avoir donné au préfet « toute liberté de manoeuvre dans l’allocation des crédits du Fonds d’inclusion pour l’emploi » pour éventuellement les déployer vers les PEC.
mah-tbm/mat/abl




