Au coeur du dossier figure David Vital, 52 ans, qui comparaît au côté de François Caillé, 73 ans, président du groupe éponyme regroupant concessions automobiles et enseignes de grande distribution alimentaire.
Le père et le fils de David Vital, un ancien employé communal de Saint-Paul (ouest), la directrice du groupe Caillé et l’ex-directeur général de la compagnie Air Austral figurent également sur les bancs des prévenus.
L’affaire débute début 2023 après une dénonciation anonyme visant le train de vie jugé « fastueux » de David Vital. Le parquet de Saint-Denis ouvre alors une enquête pour favoritisme, corruption, trafic d’influence et blanchiment. Parallèlement, l’homme d’affaires fait l’objet d’un redressement fiscal de plusieurs centaines de milliers d’euros.
Les investigations révèlent ses liens avec plusieurs personnalités de premier plan, dont François Caillé. En septembre 2024, le siège du groupe Caillé, à Saint-Denis, est perquisitionné et du matériel informatique et des documents sont saisis.
Selon l’accusation, des informations confidentielles auraient fuité lors d’appels d’offres lancés par la mairie de Saint-Paul, la deuxième ville de La Réunion par la population. Un employé communal aurait transmis ces données contre des promesses de rétribution, avec l’objectif de favoriser le groupe Caillé dans l’obtention de marchés publics de vente de véhicules.
De même source, David Vital aurait orchestré la transaction. La directrice du groupe est soupçonnée d’avoir établi de fausses factures pour le rémunérer ainsi que l’agent communal. Le père de l’homme d’affaires aurait également profité de ces versements. François Caillé nie de son côté toute rétribution.
Au fil des investigations, l’enquête s’est élargie à d’autres entrepreneurs de l’île. Les enquêteurs ont notamment cherché à établir si une facture de plusieurs dizaines de milliers d’euros émise par une filiale de la compagnie aérienne aurait en partie bénéficié à David Vital.
Entre septembre 2024 et le premier semestre 2025, 17 autres chefs d’entreprise ont reconnu avoir établi de fausses factures et commis des abus de biens sociaux. Lors d’une audience le 22 janvier de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), sorte de plaider-coupable, ils ont été condamnés à des peines allant de six mois de prison ferme sous bracelet électronique à des jours-amendes.
En parallèle, deux anciens présidents du tribunal judiciaire de Saint-Denis sont visés depuis décembre 2024 par une enquête préliminaire sur des soupçons de corruption et trafic d’influence, soupçonnés d’avoir transmis des informations confidentielles à David Vital.
Le procès doit durer jusqu’à mercredi.




