« Le mythe d’une prétendue menace russe, ardemment promu pendant de longues années par le Danemark et d’autres membres de l’Union européenne et de l’Otan » est « particulièrement ambigu » au vu des récentes déclarations des Etats-Unis à propos du Groenland, a affirmé la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, lors d’une conférence de presse.
Les annonces d’envois de troupes de l’Otan supplémentaires dans l’Arctique « doivent être considérées comme une provocation supplémentaire des pays occidentaux, qui tentent d’imposer leurs règles, y compris dans cette partie du monde », a-t-elle affirmé.
Mme Zakharova a accusé les capitales européennes de « tentatives d’exacerber la situation (…) et créer des menaces pour la sécurité » de la Russie en Arctique.
Une mission militaire de plusieurs pays européens et menée par le Danemark a débuté jeudi, dans un contexte de tension transatlantique inédite au sein de l’Otan.
Le ministère allemand de la Défense a affirmé jeudi que cette mission avait été ordonnée en raison des « menaces russes et chinoises » dans cette zone, sans évoquer les ambitions territoriales américaines.
Le président américain, Donald Trump, répète vouloir prendre le contrôle du Groenland, malgré l’opposition de ce territoire autonome danois, de Copenhague et des pays européens.
Il affirme que les Etats-Unis ont besoin de l’île pour des raisons de « sécurité nationale », notamment pour contenir les avancées de la Russie et de la Chine en Arctique, et n’écarte pas un recours à la force pour s’en emparer.
Davantage de troupes de l’Otan seront présentes au Groenland « dans les prochains jours », a affirmé mercredi le vice-Premier ministre groenlandais après une rencontre à la Maison Blanche entre dirigeants danois, groenlandais et américains.
« Une hausse du nombre de vols et de navires militaires est attendue », a dit Mute Egede lors d’une conférence de presse, en évoquant « des exercices ».
La France, la Suède, l’Allemagne, la Norvège et les Pays-Bas ont annoncé qu’elles allaient déployer du personnel militaire dans ce territoire arctique pour une mission de reconnaissance.
L’ambassadeur de France pour les pôles, Olivier Poivre d’Arvor, a de son côté affirmé que cette « opération de dissuasion » de taille modeste vise à « montrer aux Etats-Unis que l’Otan est présente ».




