« L’idée c’est de rapporter exactement le même service que pour un port maritime », explique Christine Cabau-Woehrel, vice-présidente exécutive du groupe CMA CGM, en visite sur le site baptisé ‘Lyon Rhône Terminal’.
Avec un investissement immédiat de 40 millions d’euros, l’objectif est de doubler le trafic fluvial sur le Rhône d’ici 2032, alors que celui-ci ne représente aujourd’hui que 5% du transport des marchandises sur l’axe Marseille-Lyon, contre 80% pour le trafic routier et 15% par le rail.
Cet investissement s’inscrit dans la logique du « grand port Marseille-Lyon », promis en 2022 par Emmanuel Macron, afin de mieux connecter par voie fluviale la cité phocéenne à son arrière-pays, et irriguer ainsi davantage les marchés européens.
« C’est important pour tout le monde, c’est important pour la fluidité, c’est important pour la compétitivité », avance Christine Cabau-Woehrel, un objectif cependant « pas facile », admet-elle.
Sur ses 330 km navigables entre Marseille et Lyon, les péniches transportent en majorité du vrac (sable, sel, céréales…) et à peine 70.000 conteneurs en moyenne chaque année.
Un chiffre qui doit grimper à 120.000 conteneurs en 2032, selon l’objectif de CMA-CGM qui prévoit pour cela, plusieurs aménagements du port lyonnais.
Parmi eux: la mise à disposition d’une nouvelle plateforme de stockage, la construction de deux voies ferrées supplémentaires, la restructuration d’un terminal, la digitalisation de l’axe et l’électrification progressive du port.
Situé dans le sud de Lyon, le port appartient à l’État, mais est sous concession de la Compagnie nationale du Rhône (CNR). Celle-ci confie ensuite sa gestion, son exploitation et son entretien à des tiers.
A l’issue d’une procédure de mise en concurrence, un consortium mené par CMA CGM avec la Banque des Territoires et les Chambres de commerce et d’industrie (CCI) de Métropole Lyon-Saint-Étienne-Roanne et d’Aix-Marseille-Provence a remporté la sous-concession en décembre 2024.
« Faire du report modal, utiliser le fleuve, le rail, c’est quelque chose qui a de la valeur économique pour les entreprises », résume Laurence Borie-Bancel, présidente du directoire de CNR.