Le nautisme français veut attirer les jeunes après un nouveau tassement durant la saison 2024-25

Paris (France), 31 mars 2026 (AFP) – La production et les ventes de bateaux de plaisance en France ont connu un nouveau tassement durant la saison 2024-2025, que la Fédération des industries nautiques (FIN) souhaiterait conjurer en faisant naviguer plus de jeunes sur l’eau.

Au total, le nombre de voiliers et bateaux à moteurs produits en France a reculé de 16% à 7.063 unités de septembre 2024 à août 2025, a indiqué la FIN mardi, à l’occasion de son assemblée générale annuelle à Paris.

Et le chiffre d’affaires de la filière a reculé de 17% à 1,49 milliard d’euros, tombant au niveau où il se trouvait en 2021, une année de croissance de plus de 20% juste après l’épidémie de covid, a souligné le président de la Fédération Jean-Paul Chapeleau.

« 2024-25 a été une année de tassement, de recalage, c’est aussi une année de transition », a-t-il a indiqué à l’AFP.

« Les salons d’automne pour les professionnels ont été meilleurs qu’il y a un an ou deux, et l’année en cours a démarré avec une meilleure visibilité hors effet guerre au Moyen-Orient », s’est-il félicité.

« Néanmoins, la saison n’est pas finie, nous sommes dans une période compliquée avec beaucoup d’inconnues pour notre métier qui repose sur le loisir ».

L’an passé, le taux d’exportation s’est encore renforcé, à 80,8% de la production française de voiliers et yachts.

La France a quatre sociétés de renommée mondiale dans le secteur du nautisme: le groupe vendéen Beneteau basé à Saint-Gilles Croix de Vie, Fountain Pajot basé à La Rochelle, ainsi que Catana Group, basé au Cannet en Roussillon, et Grand Large Yachting, basé à La Grande Motte.

En 2024-25, les voiliers monocoques ont été les plus touchés par le recul des ventes (-30%), suivis par les multicoques (-19%), mais ces derniers restent les plus grands pourvoyeurs de chiffre d’affaires de la filière, à 759,2 millions d’euros.

Les bateaux à moteur ont moins mal résisté.

Le chiffre d’affaires des moins de 9 mètres de long a baissé de 18% à 79,5 millions d’euros.

Les ventes de bateaux de plus de 9 mètres de long (yachts) n’ont baissé que de 3% à 389,9 millions d’euros.

– « 3.000 bateaux déconstruits par an » –

« Les petits bateaux souffrent plus que les gros, car leurs ventes dépendent d’une clientèle plus sensible à l’inflation des prix », a souligné M. Chapeleau. De plus, « les modes de consommation du nautisme ont changé, avec une jeune génération plus intéressée par la location que par l’achat ».

Néanmoins, le nombre de sorties des bateaux en mer dans les ports français, la consommation de carburant ainsi que le nombre de permis délivrés (100.000 par an environ) restent stables depuis 10 ans, signe que « l’attrait est là », a-t-il ajouté.

« Ceux qui pratiquent la voile lorsqu’ils sont jeunes, continuent plus tard, et deviennent encore plus tard des acheteurs de bateaux. Mais les jeunes générations actuelles sont très sollicitées par beaucoup d’activités différentes, il faut qu’on soit capables de plus les attirer » a-t-il dit.

Depuis 2019, la filière nautique française a développé toute une stratégie de décarbonation, passant notamment par le recyclage de bateaux, avec la création d’un eco-organisme et d’une quarantaine de centres de déconstruction qui revalorisent les matières. « Nous avons déconstruit une peu plus de 3.000 bateaux par an sur le territoire métropolitain » a indiqué M. Chapeleau.

La filière française est aussi en train de promouvoir le réemploi, ou l’allongement de la durée de vie des bateaux, qui tourne actuellement autour de 40 ans.

« Tout un ecosystème de startups et de grands groupes sont en train de s’organiser pour que les bateaux continuent de naviguer au-delà de cet âge », a ajouté M. Chapeleau.

im/dlm/yk

BENETEAU

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