Plus de 17.000 soldats des forces terrestres, aériennes et navales participent à ces manoeuvres, une opération nommée Balikatan (« épaule contre épaule » en tagalog), un nombre équivalent à 2025. La France, l’Australie, la Nouvelle-Zélande mais aussi le Canada y prêtent leur concours.
Elles doivent se dérouler pendant 19 jours dans le nord des Philippines, face à Taïwan – île revendiquée par Pékin – et à la mer de Chine méridionale que se disputent par endroits les Philippines et la Chine.
Des exercices de tir réel doivent avoir lieu. Les forces armées japonaises, représentées par quelque 1.400 membres, auront à couler un navire démineur de l’époque de la Deuxième Guerre mondiale à l’aide d’un missile de croisière, a indiqué le porte-parole philippin pour les manoeuvres, Dennis Hernandez.
« Balikatan (…) constitue une occasion de mettre en valeur notre alliance à toute épreuve avec les Philippines et démontrer notre engagement pour une zone Indo-Pacifique libre et ouverte », a observé son homologue pour la partie américaine, Robert Bunn, avant le début des exercices.
D’après lui, le niveau de participation de Washington, qui effectue là « l’un de ses plus importants déploiements » depuis des années, assure-t-il, n’est pas perturbé par la guerre au Moyen-Orient. Environ 10.000 Américains sont mobilisés, a indiqué à la presse Christian Wortman, le commandant de la force expéditionnaire américaine des marines impliquée dans les manoeuvres.
L’île de Taïwan, située au centre d’un chapelet d’îles reliant le Japon aux Philippines, est séparée de la Chine par le détroit de Taïwan, d’une largeur de 180 kilomètres et voie maritime indispensable au commerce mondial.
Ces dernières années, la Chine a renforcé la pression militaire sur Taipei en déployant quasi-quotidiennement des avions de chasse et des navires de guerre autour de l’île dont Pékin revendique la souveraineté.
En novembre, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, dont le pays héberge quelque 60.000 soldats américains, a suggéré que Tokyo pourrait intervenir militairement si la Chine attaquait Taïwan, déclenchant une réaction furieuse de Pékin.
Le président philippin Ferdinand Marcos a aussi averti de son côté que l’archipel d’Asie du Sud-Est, où les forces américaines disposent d’un accès à neuf bases militaires, serait « inévitablement » entraîné dans un conflit à Taïwan.
Des exercices aériens et navals menés par Washington, Tokyo et Manille ont également eu lieu en février près du canal de Bashi, un axe stratégique séparant Taïwan des Philippines. Pékin a condamné ces exercices, accusant Manille de « perturber la paix et la stabilité dans la région ».




