En temps de paix, environ 20% du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitent par ce passage.
La guerre a éclaté le 28 février, lorsque les États-Unis et Israël ont commencé à bombarder l’Iran, poussant Téhéran à riposter par des frappes dans toute la région et à restreindre fortement l’accès au détroit.
– Au moins 26 navires autorisés par l’Iran –
Les passages récents semblent avoir principalement utilisé une route apparemment approuvée par l’Iran autour de l’île de Larak, au large des côtes du pays, surnommée le « péage de Téhéran » par le principal site maritime Lloyd’s List.
Le site avait indiqué mercredi avoir suivi plus de 26 navires ayant emprunté ce corridor, pour la plupart appartenant à des armateurs grecs et chinois, ainsi que d’autres sous pavillon indien, pakistanais et syrien.
Aucun navire suivi par un signal de transpondeur n’est passé par la route habituelle en dehors de ce corridor depuis le 15 mars, selon LLoyd’s List.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont déclaré vendredi avoir forcé trois porte-conteneurs à faire demi-tour dans le détroit, précisant que cette route stratégique était désormais fermée aux navires venant ou à destination de ports liés à « l’ennemi ».
– Baisse de 95% du trafic –
Sept navires ont été détectés traversant le détroit vers l’ouest jeudi, d’après les données de la plateforme de suivi maritime Kpler.
Deux d’entre eux étaient des méthaniers transportant du gaz de pétrole liquéfié. Deux autres étaient des vraquiers transportant du maïs qui ont indiqué le port iranien de Bandar Imam Khomeini comme destination.
Le passage voit habituellement quelque 120 transits quotidiens.
Du 1er au 26 mars, les transporteurs de marchandises n’ont effectué que 165 traversées, selon Kpler, soit une baisse de 95%.
Parmi les traversées, 104 ont été effectuées par des pétroliers et des méthaniers et la plupart se dirigeaient vers l’est, en sortant du détroit.
Lloyd’s List a indiqué que la plupart des navires traversant le détroit appartenaient à des armateurs grecs et chinois, ainsi qu’à d’autres armateurs indiens, pakistanais et syriens.
– Pas d’incident depuis une semaine –
Depuis le 1er mars 2026, 24 navires commerciaux dont 11 pétroliers ont été attaqués ou signalés comme impliqués dans des incidents dans le Golfe, le détroit d’Ormuz ou le golfe d’Oman, selon l’agence britannique de sécurité maritime navale UKMTO.
Aucun incident n’a été en revanche rapporté depuis le 22 mars, lorsque le vraquier Phoenix a signalé une explosion à proximité dans les eaux émiraties.
Tous types de navires confondus, quatre attaques supplémentaires revendiquées par les Gardiens de la Révolution iraniens, l’armée idéologique de Téhéran, n’ont pas été confirmées par les autorités internationales.
– Huit travailleurs de la mer tués –
Depuis le début du conflit le 28 février, au moins huit marins ou dockers ont été tués dans des incidents survenus dans la région, selon l’OMI.
Quatre autres sont portés disparus et 10 ont été blessés. Environ 20.000 marins sont coincés sur 3.200 navires dans la région.
L’OMI a réclamé la semaine dernière la création d’un couloir maritime pour évacuer les navires bloqués. En vain.
– 300 pétroliers et gaziers signalés –
Environ 2.240 navires ont émis des signaux de transpondeur dans le Golfe, à l’ouest du détroit d’Ormuz, au cours des dernières 24 heures, selon les données de Bloomberg. Parmi eux, 294 étaient des pétroliers, dont 83 transportant du pétrole brut et des produits pétroliers, 12 méthaniers (gaz naturel liquéfié) et 32 transportant du gaz de pétrole liquéfié.
– 55 navires sanctionnés –
Depuis le début de la guerre, 44% des traversées ont été effectuées par des navires sous le coup de sanctions américaines, européennes ou britanniques, selon une analyse de l’AFP basée sur les données de passage.
Parmi les traversées réalisées par des pétroliers et des transporteurs de gaz, 58% l’ont été par des navires sanctionnés.




