Les ressortissants évacués de Libye par la France arrivés à Toulon

Les 47 ressortissants ont débarqué de la frégate anti-sous-marine Montcalm, et ont été pris en charge par une cellule d’accueil, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le personnel diplomatique français, dont l’ambassadeur de France Antoine Sivan, faisait partie du groupe, qui comptait aussi 14 enfants et adolescents.

L’opération, décidée seulement 48 heures à l’avance, s’est “très bien” passée, “sans encombres” et avec un “timing parfait”, s’est réjoui l’ambassadeur. Il a justifié de nouveau cette évacuation “pour raisons de sécurité”, et le choix de la voie maritime, la voie terrestre étant “praticable, mais pas sûre”, et la voie aérienne “très incertaine” au vu des combats.

Le diplomate a également insisté sur le fait que l’ambassade était “en sommeil” et non fermée. Selon lui, il reste “une quarantaine” de Français sur place, essentiellement des binationaux, qui n’ont pas souhaité être évacués.

Après leur prise en charge par la cellule d’accueil, certaines personnes ont raconté comment elles avaient été nuitamment regroupées dans un hôtel de Tripoli, sécurisé par les commandos marine.

Elles ont ensuite été emmenées vers le port de la capitale, où elles ont pris place à bord d’embarcations légères pour rejoindre le Montcalm et la frégate Courbet, mobilisée au large, et depuis repartie en mission.

“Depuis quelques mois, la situation se dégrade, avec des pénuries d’essence, des enlèvements, des accrochages entre bandes rivales… Il y a deux semaines, la situation s’est vraiment aggravée”, a expliqué Mohamed Torchani, un professeur de droit franco-libyen évacué avec sa femme et ses trois enfants en bas âge.

Avec le plus jeune dans les bras, il a raconté la vie difficile sur place. “Quand on sortait, on ne savait pas si on allait rentrer sain et sauf. Tout le monde est armé, le moindre incident verbal peut tourner mal”.

“Normalement, la décision (d’évacuer) est difficile à prendre, mais je n’ai pas hésité, vu le chaos”, a expliqué l’homme, qui a passsé 32 ans en France avant de s’installer à Tripoli en 2008.

“Je travaillais ce jour-là” a raconté Fedra Lamloum, une ressortissante tunisienne travaillant à l’ambassade de France. “Je suis rentrée chez moi pour chercher ma fille (de 6 ans) et mes bagages”, a-t-elle raconté. “C’est ma deuxième évacuation”, a-t-elle expliqué, après celle de 2011. A l’époque, elle avait rejoint la Tunisie par ses propres moyens.

Tous ont loué l’accueil et l’action des militaires ayant participé à l’opération.

La France avait appelé dès lundi ses ressortissants à quitter la Libye en raison de la dégradation de la situation liée à d’intenses affrontements entre milices rivales. Plusieurs personnes ayant la double nationalité française et libyenne ont choisi de rester dans le pays, où les Français étaient moins d’une centaine (y compris les binationaux) avant l’évacuation.

Les combats autour de l’aéroport, les plus violents en près de trois ans à Tripoli, ont fait 102 morts et 452 blessés depuis le 13 juillet, selon un dernier bilan officiel arrêté mercredi soir.

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