Les centres stratégiques iraniens sont pris pour cible depuis le début de la guerre, notamment par les Etats-Unis, qui ont annoncé mardi avoir bombardé « avec succès » des sites de missiles antinavires iraniens près du détroit d’Ormuz.
Etat des lieux des points clés de cette façade maritime:
– Les grands ports
Bandar Abbas est la grande ville du sud de l’Iran avec près de 700.000 habitants. Grâce à sa localisation dans le détroit d’Ormuz, la capitale de la province de Hormozgan constitue le centre névralgique pour les échanges entre l’Iran et les pays du Golfe, en particulier les Emirats et Oman. Un trafic de contrebande, à l’aide de vedettes rapides, s’y est développé depuis que l’Iran est sous le coup de sanctions internationales.
Principale base de la marine iranienne, Bandar Abbas a été particulièrement visé depuis le début de la guerre.
Une importante mine d’uranium, celle de Gachin, est située à une quinzaine de km.
Parmi les autres ports importants, figure celui de Chabahar, proche de la frontière pakistanaise, consacré aux relations avec l’Asie, en particulier l’Inde.
Celui de Jask, sur le golfe d’Oman, est une plateforme d’hydrocarbures qui permet d’éviter le détroit d’Ormuz. Une base navale et aérienne est située à proximité.
Dans le nord du Golfe, se trouve Bandar Khomeini, à côté duquel « il y a probablement des installations de missiles aériens et antinavires jusqu’à la frontière irakienne », indique le directeur de recherche du centre de recherche FMES Pierre Razoux, auteur d’un livre de référence sur la guerre Iran-Irak.
– Les centres énergétiques
La ville côtière de Bouchehr, dans le nord du Golfe, accueille la seule centrale nucléaire civile d’Iran, d’une puissance de 1.000 mégawatts.
Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), la centrale a été touchée mardi soir par un « projectile » qui n’a fait aucun dégât sur l’infrastructure ni blessé.
Avec des bases navale et aérienne, Bouchehr assure pour l’Iran la sécurité du nord du Golfe.
Plus au sud, le port de Bandar Kangan gère l’immense bulle de gaz de North Pars, la partie du champ gazier que l’Iran se partage avec le Qatar. Des installations iraniennes y ont été visées mercredi par une attaque américano-israélienne, selon Téhéran.
Dans le détroit d’Ormuz, l’Iran a signé en 2025 un contrat avec la Russie pour construire à Sirik un complexe de quatre centrales d’une capacité combinée de 5.000 mégawatts, selon l’agence de presse officielle Irna.
– Les îles
Plus grande île du Golfe, Qeshm s’étend sur une centaine de kilomètres dans le détroit d’Ormuz. Elle est une destination touristique de choix pour les Iraniens grâce à son patrimoine géologique classé par l’Unesco, ses plages, ses mangroves et son atmosphère décontractée.
Le port de Qeshm est l’une des portes d’entrée pour les produits venus des Emirats.
A proximité, figurent les petites îles d’Ormuz et de Larak, en bonne partie militarisées.
Plus au nord, l’île de Kish est prisée des vacanciers iraniens avec ses plages, ses hôtels de luxe et ses centres commerciaux.
Certaines îles sont cruciales pour les flux pétroliers iraniens, comme Lavan et surtout Kharg, très fortifiée, par où transite la majeure partie du pétrole iranien. Les Etats-Unis ont annoncé y avoir bombardé des installations militaires.
– Les îlots disputés
L’Iran occupe trois îlots – la Petite Tombe, la Grande Tombe, Abou Moussa – en plein milieu du Golfe, qui sont aussi revendiqués par les Emirats.
Avec un autre îlot, Siri, « ces îles sont bunkerisées, transformées en mini-forteresses, avec des missiles antinavires », explique Pierre Razoux, qui les compare à l’île de Tarawa dans les Kiribati, qui avait été le théâtre d’une féroce bataille en 1943 entre les Japonais qui l’occupaient et les Marines américains.
Téhéran y a installé des contingents de la force maritime des Gardiens de la Révolution, qui ont déployé en 2025 de nouveaux systèmes de missiles capables, selon eux, de cibler les « bases, navires et équipements ennemis » à proximité, selon des médias iraniens.
Si ces îlots étaient « contrôlés par les Etats-Unis, cela empêcherait les Iraniens de les utiliser à des fins offensives contre le trafic maritime », analyse M. Razoux.




