Les chefs de la diplomatie des 27 pays de l’UE – dont la plupart sont membres de l’Otan – ont eu des discussions en urgence dimanche après-midi en vidéoconférence sur cette crise.
A l’issue de ces discussions, la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères Kaja Kallas, s’exprimant pour les 27, a aussi mis en garde dimanche contre une « escalade » au Moyen-Orient, qui aurait « beaucoup à perdre de toute guerre longue ».
« Les événements en cours en Iran ne doivent pas conduire à une escalade qui pourrait menacer le Moyen-Orient, l’Europe et au-delà, avec des conséquences imprévisibles, y compris sur le plan économique », a déclaré Mme Kallas
Pour Mme von der Leyen, la disparition d’Ali Khamenei entraîne un « un nouvel espoir pour le peuple iranien ».
« Nous devons veiller à ce que l’avenir lui appartienne et qu’il puisse le façonner », a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux.
Mais « dans le même temps, ce moment comporte un risque réel d’instabilité susceptible de plonger la région dans une spirale de violence », a-t-elle ajouté.
– « Transition crédible » –
« Le risque d’escalade est réel. C’est pourquoi il faut en urgence une transition crédible », a-t-elle également écrit.
« Cela doit signifier la fin du programme nucléaire militaire iranien et de celui des missiles balistiques, ainsi que la fin des actes de déstabilisation », a-t-elle encore souligné.
Et face aux menaces en mer Rouge, les Européens vont renforcer leur mission militaire visant à protéger le trafic maritime dans cette région, a-t-on appris dimanche soir de source diplomatique.
Deux navires militaires français viendront renforcer dans les prochains jours cette mission, baptisée Aspides, composée actuellement de trois navires de guerre, dont l’un est français, selon cette source
La menace d’une guerre qui s’étend à toute la région, suite aux frappes américano-israéliennes contre l’Iran et les représailles iraniennes, met en péril le transport maritime via le détroit d’Ormuz, par où transite quelque 20% de la consommation mondiale de pétrole.
La mer Rouge, qui mène au canal de Suez – conduisant vers la Méditerranée et donc l’Europe -, pourrait également être menacée.
Les ministres des Affaires étrangères des 27 devraient se retrouver à nouveau dans les prochains jours pour une réunion en présence de leurs homologues des pays du Golfe, a encore indiqué cette source diplomatique sous couvert d’anonymat.
Mme von der Leyen a d’ores et déjà indiqué s’être entretenue par téléphone avec le roi Abdallah II de Jordanie, l’émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad al-Thani et le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane.
La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, a de son côté estimé que la mort d’Ali Khamenei entraînait « un moment décisif dans l’histoire de l’Iran ».
« Ce qui va suivre est incertain », a-t-elle ajouté. « Mais il existe désormais un chemin ouvert vers un Iran différent, que son peuple pourrait avoir davantage de liberté pour façonner », a écrit Mme Kallas sur X.
L’Otan a de son côté annoncé dimanche ajuster le positionnement de ses forces pour garantir la sécurité de ses 32 Etats membres face aux « potentielles menaces » telles que les missiles balistiques ou drones provenant d’Iran et de sa région, « ou d’autres régions ».
Le commandant suprême des forces alliées en Europe, le général américain Alexus Grynkewich, « continue de s’entretenir activement et régulièrement avec les chefs militaires des deux côtés de l’Atlantique, ainsi qu’avec le secrétaire général de l’Otan », a ajouté son porte-parole Martin L. O’Donnell sur X.




