Compte tenu du décalage horaire, plusieurs territoires (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Polynésie) découvriront leurs résultats tard dans la nuit.
Les électeurs ne se sont pas rendus aux urnes à Saint-Pierre-et-Miquelon, où les deux maires sortants ont été élus au premier tour. Enfin, les habitants de Saint-Martin et Saint-Barthélemy aux Antilles, et de Wallis-et-Futuna dans l’océan Pacifique, ne votent pas car ils n’ont pas de maires.
NOUVELLE-CALEDONIE
Les Loyalistes et leurs alliés ont verrouillé le Grand Nouméa, où vivent les deux tiers des Calédoniens. Sonia Lagarde est réélue à Nouméa avec 61,99% des voix. Dumbéa, Le Mont-Dore et Païta suivent, toutes remportées par la branche dure des non-indépendantistes.
Le tableau est plus nuancé sur le reste du territoire, dans un scrutin placé sous le signe de l’accord de Bougival sur l’avenir institutionnel du territoire, dont l’examen s’ouvre la semaine prochaine à l’Assemblée nationale.
Le président loyaliste du gouvernement local Alcide Ponga est battu de justesse à Kouaoua, malgré une alliance avec les indépendantistes pro-Bougival du Palika. À Koné, chef-lieu de la province Nord, une liste sans étiquette met fin à près de soixante ans de gestion indépendantiste.
Les divisions au sein du camp indépendantiste ont pesé lourd. À Canala, le maire sortant UC-FLNKS Gilbert Tyuiénon s’incline face à une coalition soutenue par l’UNI pro-Bougival. À Poindimié, Paul Néaoutyine, figure historique de l’UNI, opposé à l’accord, conserve néanmoins le fauteuil qu’il occupe depuis 1989.
La bataille des chiffres a immédiatement commencé. Les Loyalistes et le député Nicolas Metzdorf notent que « plus de deux électeurs sur trois » ont soutenu des listes favorables à l’accord. L’indépendantiste Romuald Pidjot (UC-FLNKS) rétorque que « trois électeurs indépendantistes sur quatre » ont voté contre.
LA REUNION
La gauche réunionnaise a remporté de belles victoires. Emmanuel Séraphin, maire sortant de Saint-Paul à la tête d’une union de la gauche, est réélu avec 55,74% des voix. « Ce soir, c’est le paysage politique de La Réunion qui change », a-t-il déclaré.
Séisme au Tampon, quatrième commune de l’île. Pour la première fois depuis 1945, la ville bascule à gauche avec la victoire du candidat LFI Alexis Chaussalet, à la tête d’une liste d’union de la gauche. Distancé au premier tour, il profite d’une droite divisée pour s’imposer avec 45,29%, devant le maire sortant Patrice Thien Ah Koon (43,23%).
À Saint-André, le maire sortant Joé Bédier, soutenu par LFI, frôle la défaite: 50,07% des voix, soit 34 petites voix d’avance sur Laurent Virapoullé, soutenu par le RN allié à un frère divers droite. À Sainte-Marie, Céline Sitouze (DVG) s’impose avec 53,51% face au maire sortant Richard Nirlo.
La droite résiste néanmoins dans ses bastions. À Saint-Pierre, David Lorion (DVD) est réélu avec 56,01% tandis qu’à Sainte-Suzanne, le député Frédéric Maillot (GDR) est battu dans une quadrangulaire. Ericka Bareigts (union de la gauche) avait été réélue dans le chef-lieu Saint-Denis dès le premier tour dimanche dernier.
MAYOTTE
Comme toujours à Mayotte, la mobilisation était forte, avec plus de 70% de participation dans le 101e département français.
D’anciens maires signent leur retour aux manettes à commencer par Koungou, deuxième commune de l’île. Saïd Ahamadi (divers gauche) s’impose avec 52,04%, 18 ans après avoir quitté la mairie.
À Dzaoudzi-Labattoir, l’ancienne préfecture, le maire sortant Mikidache Houmadi s’incline face à Freddy Novou (51,82%), candidat soutenu par Les Républicains qui a bénéficié d’une fusion avec le sénateur Saïd Omar Oili.
À Mamoudzou, chef-lieu de l’île, le maire sortant LR Ambdilwahedou Soumaïla avait été réélu dès le premier tour avec 60,90% des voix.
Ce scrutin a par ailleurs été marqué par des contestations judiciaires. Selon Mayotte La 1ère, une enquête a été ouverte pour d’éventuelles procurations frauduleuses à Bouéni, tandis que des candidats ont saisi le tribunal administratif à Mamoudzou pour dénoncer des irrégularités.




