Washington mène depuis septembre la campagne Southern Spear (« Lance du sud ») contre le narco-trafic, qui a fait au moins 192 morts sans que l’administration Trump ne fournisse la moindre preuve que les navires visés y participent effectivement.
Dans un courrier daté du 11 mai, le bureau de l’inspecteur général du ministère de la Défense fait état d’une « évaluation » de l’ensemble de l’opération.
Il entend notamment vérifier que « les cycles de ciblage interarmées en six phases » sont bien respectés. Selon une source américaine citée par la chaîne NBC, ces cycles vont de la désignation d’une cible jusqu’à l’évaluation de la frappe, en passant par l’analyse du renseignement et la prise de décision finale.
« Le champ de cette évaluation inclut le processus conjoint visant des navires ciblés dans la zone de responsabilité du Commandement Sud des États-Unis », a confirmé le bureau de l’inspecteur général indépendant du Pentagone, dans un communiqué distinct cité par Bloomberg.
« Nous mènerons cette évaluation au Pentagone et au quartier général du commandement sud », a-t-il ajouté, précisant que l’inspecteur général avait lancé l’enquête de sa propre initiative, sans demande en ce sens du Congrès américain.
Des experts, ONG de défense des droits de l’Homme et des responsables de l’ONU ont dénoncé depuis des mois des exécutions extrajudiciaires et des frappes contraires aux lois internationales.
Début mai, le ministre de la Défense Pete Hegseth avait pour sa part vanté l’effet dissuasif de la campagne.
« Quelques semaines ont passé sans qu’on cible un bateau. Pourquoi? Parce que nous n’avons pas trouvé beaucoup de bateaux à couler », avait-il lancé.
Les frappes visent à « établir une dissuasion pour les narco-terroristes qui pouvaient se livrer au trafic presque sans entrave » auparavant, avait-il poursuivi devant les représentants – la plupart militaires – de 18 pays d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud.




