« C’est la première fois » depuis plus de trois décennies qu’il y a moins de 60.000 élèves scolarisés, alors que l’archipel en comptait encore 66.000 en 2019, a déclaré mercredi Isabelle Champmoreau, vice-présidente du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, lors d’une conférence de presse.
Selon le site du vice-rectorat de Nouvelle-Calédonie, il faut remonter à 1993 pour trouver moins de 60.000 élèves scolarisés dans l’archipel.
Cette baisse s’explique par le vieillissement de la population, mais aussi par les départs dus notamment aux violences insurrectionnelles de 2024, qui ont fait 14 morts. Entre 2019 et 2025, le solde migratoire (différence entre arrivées et départs) s’est établi à près de 20.000 habitants, selon l’Institut de la statistique et des études économiques (Isee) calédonien.
La rentrée intervient également dans un contexte de difficultés financières de l’enseignement catholique, qui scolarise environ 25% des élèves et assure un service de proximité, notamment dans les zones rurales éloignées, où il est parfois la seule option.
La direction diocésaine a annoncé la semaine dernière la fermeture de cinq internats et six restaurants scolaires. « Nous travaillons à trouver une solution pour tous les élèves concernés », a assuré Mme Champmoreau.
L’élue a par ailleurs annoncé le renforcement de l’enseignement des fondamentaux, notamment en mathématiques, face aux résultats inquiétants des évaluations réalisées à l’entrée en sixième et en seconde.
À leur arrivée au collège, 47,3% des élèves calédoniens présentent un niveau « bas » en français et 63,4% en mathématiques, contre respectivement 27,1% et 32,5% au niveau national, territoires d’Outre-mer inclus, selon les statistiques du vice-rectorat.
En seconde, 32,4% des nouveaux lycéens ont un niveau faible en français en filière générale et technologique, un chiffre qui monte à 82,6% en filière professionnelle. Pour les mathématiques, 53,8% présentent des difficultés en seconde générale et 89,7% en lycée professionnel.




