Le 7 mars 2016, l’ONG basée à Marseille réalisait son tout premier sauvetage en mer à bord de l’Aquarius. Dix ans plus tard, elle « totalise plus de 43.078 personnes secourues lors de 459 opérations menées par ses navires-ambulance, l’Aquarius puis l’Ocean Viking », selon un communiqué.
La Méditerranée centrale est la route migratoire la plus dangereuse du monde, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Avec 650 migrants morts ou disparus en mer depuis janvier selon cette même organisation, « le début d’année 2026 est le plus meurtrier en Méditerranée depuis 2014 », écrit SOS Méditerranée, qui juge ce bilan « probablement en deçà de la réalité, certaines organisations avançant le chiffre crédible de plus de 1.000 personnes disparues ».
« Malgré ces chiffres accablants, l’Union européenne continue de privilégier la mise en oeuvre de politiques d’externalisation des frontières, au détriment du renforcement des capacités de sauvetage en mer », accuse SOS Méditerranée. « En 2025, plus de 27.000 personnes ont été interceptées par les garde-côtes libyens financés et équipés par l’UE », selon l’ONG qui dénonce « des retours forcés vers la Libye ou la Tunisie, où les détentions arbitraires, les violences et les extorsions sont largement documentées ».
Pour Sophie Beau, cofondatrice et directrice générale de SOS Méditerranée France, « les décès en Méditerranée centrale sont le résultat prévisible de choix politiques qui privilégient la dissuasion à la protection et négligent délibérément la préservation de la vie humaine en mer ». « Déléguer les responsabilités de sauvetage à des pays comme la Libye ou la Tunisie est un échec; les traversées ne tarissent pas, la mortalité explose, les personnes interceptées sont exposées à de graves dangers et tout cela se fait en violation du droit international », ajoute-t-elle.
« En mer, c’est aussi l’action des ONG qui est délibérément entravée : désignation systématique de ports éloignés, détentions administratives, restrictions croissantes », déplore l’ONG qui estime qu’en dix ans, ces mesures ont immobilisé ses navires pendant 591 jours cumulés, « soit plus d’un an et demi sans pouvoir opérer ».
« A terre, le climat se dégrade également », constate l’ONG, qui dénonce des « instrumentalisations politiques répétées » dans le cadre de la campagne des municipales.
Vendredi, l’Ocean Viking faisait route vers le port italien d’Ancône avec 100 personnes rescapées à bord, dont 36, en majorité originaires du Soudan, secourues au large des côtes libyennes et 64 au large de Malte.




