La banquise, glace formée par le gel de l’eau de mer, fond naturellement en été et se reforme en hiver. Mais en raison du réchauffement climatique, la proportion dans laquelle elle se reforme chaque hiver est en déclin.
Cette année, la banquise a cessé de croître le 15 mars, une semaine avant l’an dernier, et est légèrement en-dessous du niveau de l’an dernier, soit 14,31 millions de kilomètres carrés, statistiquement identique à l’an dernier, selon le National Snow and Ice Data Center (NSIDC), basé à l’université du Colorado à Boulder.
Il s’agit du plus bas niveau observé en 48 ans d’observations satellitaires.
Ce niveau record « donne de l’avance à la saison de fonte du printemps et de l’été », a déclaré le chercheur du NSIDC Walt Meier.
La faible reconstitution hivernale était visible par satellites depuis des semaines déjà, comme rapporté par l’AFP le 11 mars.
La hausse des températures mondiales affecte disproportionnellement l’Arctique, qui se réchauffe quatre fois plus vite que la moyenne mondiale.
Cette reconstitution médiocre peut provoquer « une fonte estivale potentiellement plus rapide et importante », a dit récemment à l’AFP Samantha Burgess, du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF).
Si la fonte de la banquise ne fait pas directement monter le niveau des océans, contrairement à la fonte de la glace qui se situe sur terre (calottes glaciaires, glaciers), elle provoque de nombreuses conséquences climatiques qui menacent bien des écosystèmes.
De nombreuses espèces comme l’ours polaire ou les phoques dépendent de la banquise pour se reproduire et se nourrir.
Certains effets peuvent aussi se produire en chaîne: « il y a des zones, par exemple en mer de Beaufort, vers le Canada ou vers les mers sibériennes de l’océan (Arctique) qui n’avaient jamais vu l’atmosphère », dit Gilles Garric, océanographe polaire au Mercator Ocean Toulouse.
La fonte a des conséquences géopolitiques aussi, car elle ouvre de nouvelles voies maritimes et l’accès à des ressources minérales. Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump répète qu’il veut s’emparer du Groenland.
« La fonte des glaces marines induite par le changement climatique transforme l’Arctique en une nouvelle Méditerranée: une ressource maritime commune partagée, entourée d’États rivaux », dit à l’AFP Elizabeth Chalecki, experte en changement climatique et sécurité.




