« La décarbonation du maritime va être accélérée, depuis lundi nous avons un budget dans lequel nous avons inscrit le fléchage de la taxe carbone pour les navires -les taxes ETS- pour soutenir la filière industrielle dans sa décarbonation », a déclaré Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche au salon Euromaritime, à Marseille.
« Nous allons lancer un appel à projet d’ici fin mars »: « ce sont 70 millions d’euros que l’Etat va mobiliser pour soutenir la filière », a ajouté la ministre à l’issue d’une réunion avec les industriels et acteurs du secteur dans le cadre du salon.
Selon son collègue de l’Industrie, Sébastien Martin, cette enveloppe financera l’acquisition de navires à propulsions décarbonées ou qui adaptent leur propulsion en changeant leurs moteurs, des projets de cargos à voiles, ou pour la décarbonation des infrastructures portuaires.
« On ne fait pas de cadeaux au secteur », a ajouté Mme Chabaud selon qui il s’agit d’un soutien à « une dynamique » de décarbonation qui « est en cours ». Le fléchage des fonds européens a été décidé lors d’un comité interministériel de la mer en mai dernier, a-t-elle rappelé.
« Sur cet appel à projets, on vient accompagner la décarbonation, et non pas faire baisser le prix de l’électricité », a précisé M. Martin, à la suite de la demande du PDG de Brittany Ferries Jean-Marc Roué, qui a souhaité lors d’un échange public durant le salon que le prix de l’électricité baisse sur les ports pour ses navires électrifiés.
Au niveau européen, pour soutenir la filière, M. Martin a aussi évoqué la prochaine stratégie industrielle attendue pour soutenir la production via une « préférence européenne ».
« Nous sommes en train de travailler sur la possibilité d’avoir une préférence européenne pour la commande publique, notamment pour les navires qui pourront servir à construire les champs éoliens et à faire leur maintenance », a-t-il dit.
« C’est un combat qu’on mène que de faire en sorte que dès lors qu’il y a de l’argent public, cet argent public vienne soutenir des productions européennes, c’est valable pour la mer, l’automobile ou les produits de santé », a-t-il ajouté.




