Entre la SNCM et son actionnaire Transdev, l’Etat en arbitre

Au menu du conseil: la « désignation des membres du directoire » dont le mandat s’achève fin mai, selon l’ordre du jour que l’AFP s’est procuré.

D’un côté, le management actuel, mené par le président du directoire, Marc Dufour, et soutenu par les syndicats et les actionnaires salariés, souhaite poursuivre son oeuvre. Il porte depuis plus d’un an un plan de redressement de la compagnie, chroniquement déficitaire, qui implique l’achat de quatre nouveaux navires et 500 suppressions de postes sur 2.600.

En face, le principal actionnaire (66%), Transdev. S’il avait validé ce plan l’été dernier, il ne veut plus aujourd’hui entendre parler de ce projet auquel il « ne croit pas ». Le groupe souhaite même se désengager de la compagnie maritime, opératrice historique des lignes entre la Corse et le Continent, car il estime ne « pas avoir les moyens de financer » le développement de l’entreprise, ni les risques qui l’accompagnent.

La SNCM est en effet sous le coup d’une condamnation de Bruxelles à rembourser 440 millions d’euros d’aides publiques, « une menace létale », selon le PDG de Transdev, Jean-Marc Janaillac, analyse contestée par les syndicats et la direction. Antoine Frérot, le PDG de Veolia, coactionnaire (à parité avec la Caisse des dépôts) de Transdev, a lui souhaité publiquement « la mise sous protection du tribunal de commerce » de l’entreprise.

Cette opposition, d’abord feutrée, s’est durcie ces derniers mois, M. Janaillac pointant les « divergences persistantes » entre l’actionnaire de référence et les organes sociaux.

– Doutes sur les engagements de l’Etat –

Pour reprendre le contrôle au conseil de surveillance, Transdev a même tenté de démettre son président, Gérard Couturier, représentant de son groupe, mais « allié objectif » de la direction, via la convocation d’une assemblée générale. La composition du conseil de surveillance l’en a empêché. Le groupe a ensuite tenté de le faire par la voie judiciaire avec à la clef un nouvel échec.

Entre cet actionnaire et la direction, l’Etat. En janvier, après une grève de dix jours, le ministre – aujourd’hui secrétaire d’Etat – des Transports Frédéric Cuvillier, avait clairement soutenu le projet de la direction et lancé les études de financement, un sujet également à l’ordre du jour lundi.

Mais depuis, les syndicats et la direction ont par moment douté de ces engagements. Il a fallu une nouvelle grève en avril, lors de laquelle la direction a évoqué « les silences » et les syndicats ont demandé un « arbitrage clair », pour entendre de nouveau le gouvernement.

« Dès à présent, l’Etat se mobilise pour trouver d’ici la fin de l’année un actionnariat industriel portant le redressement de l’entreprise sur les bases de son plan long terme », a-t-il alors écrit aux syndicats. Lors du bras de fer autour de l’éviction de M. Couturier, les représentants de l’Etat se sont pourtant abstenus.

Cette fois-ci, le gouvernement devra clairement faire son choix, car les votes de ses trois représentants (l’Etat étant actionnaire à hauteur de 25%) seront la clef du scrutin. Les quatre voix des représentants des salariés et actionnaires salariés (9%) semblent acquises au directoire actuel, même si une interrogation subsiste pour les deux élus de la CGT, qui n’a pas retourné les appels de l’AFP.

Mais, outre Gérard Couturier, les 6 autres représentants de Transdev – qui n’a pas souhaité faire de déclaration avant le conseil – devraient logiquement demander le départ du management.

L’Etat, qui n’a rien laissé filtrer de ses intentions, donnerait ainsi de facto les rênes de l’entreprise à Transdev s’il s’abstenait. Ce « serait synonyme d’abandon du plan (que la direction) porte pour la SNCM », analyse, à l’instar de beaucoup d’autres, Robert Martinetti, président du collectif des sous-traitants de la SNCM, représentant 1.200 emplois.

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