Voici ce que l’on sait de la position des deux camps:
– Dossier nucléaire –
L’Iran appelle à une fin immédiate des hostilités dans la région y compris au Liban, où Israël continue à combattre le Hezbollah pro-iranien, et à l’arrêt du blocus de ses ports par la marine américaine, selon le ministère des Affaires étrangères.
Il réclame également le dégel des avoirs iraniens détenus à l’étranger, objet de longue date de sanctions américaines.
Téhéran ne souhaite en revanche pas s’exprimer à ce stade sur la question nucléaire, dont « nous nous occuperons le moment venu », a précisé le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï.
Mais selon le Wall Street Journal (WSJ) qui cite des sources anonymes, l’Iran propose d’engager des négociations sur ce volet « dans les 30 prochains jours ».
Il propose de « diluer » une partie de son uranium hautement enrichi et de transférer le reste dans un « pays tiers », indique le WSJ.
Selon le quotidien, l’Iran accepterait de suspendre son programme d’enrichissement de l’uranium, mais pour une période plus courte que les 20 ans proposés par les Etats-Unis. Et Téhéran, qui dément vouloir se doter de la bombe atomique, refuserait de démanteler ses installations nucléaires.
Israël et les Etats-Unis avaient bombardé l’Iran en juin 2025 au cours de la guerre des 12 jours qui avait « anéanti le programme nucléaire du régime à Fordo, Natanz et Ispahan », d’après Donald Trump.
Ces deux pays estiment toutefois que l’Iran conserve de l’uranium enrichi qui pourrait être utilisé pour fabriquer l’arme nucléaire, et insistent pour qu’il soit retiré d’Iran.
D’après le Wall Street Journal, la réponse iranienne n’est pas à la hauteur des exigences américaines sur le devenir du programme nucléaire iranien. Dimanche, le président américain a d’ailleurs jugé « totalement inacceptable » la position de Téhéran.
Selon l’agence de presse iranienne Tasnim, qui cite une source anonyme, les informations du journal américain « ne reflètent pas la réalité », en particulier concernant l’uranium enrichi. Tasnim ne donne pas plus de détails.
Washington a de son côté peu communiqué sur les détails de sa proposition. Selon certains médias, celle-ci contient un protocole d’accord en une page pour mettre fin aux combats et établir un cadre de négociations sur le dossier nucléaire.
– Rouvrir Ormuz ? –
La réponse iranienne propose par ailleurs, toujours d’après le WSJ, une reprise progressive de la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre.
En échange, l’Iran attend des Etats-Unis un allègement progressif du blocus naval qu’impose l’armée américaine sur ses ports depuis le 13 avril.
Les restrictions au trafic dans ce passage stratégique ont fait exploser le prix des hydrocarbures, et perturbé l’économie mondiale. Le cours du baril de Brent, proche des 70 dollars avant la guerre, évoluait ainsi lundi au-dessus de 100 dollars.
Téhéran a mis en place un système de paiement de droits de passage pour les navires traversant le détroit, par lequel transite en temps normal un cinquième du pétrole consommé dans le monde.
Washington a riposté le mois dernier en imposant son propre blocus à la navigation iranienne, afin d’entraver les exportations de pétrole de l’Iran et d’asphyxier son économie.
Selon Tasnim, la réponse iranienne prévoit que Téhéran continue de superviser la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Outre le déblocage des avoirs, Téhéran demande une levée des sanctions sur les ventes de pétrole iranien, ajoute l’agence de presse qui ne précise pas les contreparties offertes par l’Iran.




