Jugés fin mars, ces soldats du 9e régiment d’infanterie de marine ont été reconnus coupables d’extorsion d’or, de vols en réunion d’effets personnels et de non-respect d’une consigne militaire.
Les faits remontent aux 3 et 4 octobre 2024. Lors d’une mission de reconnaissance près de Saint-Laurent-du-Maroni (ouest) dans le cadre de l’opération anti-orpaillage « Harpie », ils ont extorqué 43 g d’or sous la menace et volé plusieurs orpailleurs clandestins.
Les peines prononcées s’échelonnent de 10 mois de prison avec sursis simple, pour le prévenu le moins impliqué, à trois ans d’emprisonnement, dont un an ferme et deux avec sursis, pour le plus haut gradé du groupe. Un huitième soldat a été relaxé.
La juridiction a également assorti ces condamnations de peines complémentaires d’interdiction de détenir ou de porter une arme et d’interdiction d’exercer le métier de militaire pour ces sept hommes.
Lors de l’audience, la substitut du procureur Bénédicte Marais, avait fustigé les agissements des prévenus, dénonçant « un comportement proche de celui des bandes armées qui écument la forêt ».
Dans ce dossier, un neuvième militaire sera jugé en septembre. Sur l’ensemble des mis en cause, six des neuf soldats ont d’ores et déjà été radiés de l’institution.
Le tribunal judiciaire de Cayenne est compétent depuis 2015 en matière militaire dans le ressort des cours d’appel de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane.
Depuis quatre décennies, la Guyane est frappée par une ruée vers l’or incontrôlée, en provenance des pays voisins du Brésil et du Suriname. Quelque 280 gendarmes et militaires sont mobilisés quotidiennement et plus de 1.000 patrouilles sont effectuées chaque année dans le cadre de l’opération « Harpie », lancée en 2008 pour lutter contre ce phénomène.




