Déposé en janvier 2024, ce recours estimait que l’Etat n’a pas pris les mesures nécessaires pour prévenir les atteintes à l’environnement, protéger la santé des populations et mettre fin aux activités illégales des orpailleurs clandestins.
Les associations demandaient par ailleurs la reconnaissance d’un préjudice écologique et réclamaient que le fleuve Maroni, souillé depuis trente ans par les diverses pollutions consécutives à l’extraction illicite d’or, soit doté d’une personnalité juridique.
Le tribunal administratif a rejeté leur recours « compte tenu des moyens humains, matériels et financiers déployés », selon le délibéré du tribunal administratif consulté par l’AFP.
Quelque 280 gendarmes et militaires sont mobilisés quotidiennement et plus de 1.000 patrouilles sont effectuées chaque année dans le cadre de l’opération Harpie, lancée en 2008 et dotée de 70 millions d’euros par an.
Si le tribunal a reconnu le « préjudice écologique culturel subi par les populations concernées », les juges administratifs se sont déclarés incompétents pour « reconnaître la personnalité juridique à une nouvelle catégorie de personne ou entité, assortie de droits propres, dans le domaine du droit civil », cette compétence relevant selon eux du législateur.
L’ONG Wild Legal, l’un des requérants, a déclaré à l’AFP étudier « l’opportunité de faire appel » et compte contester le raisonnement du tribunal, « qui parle de création de personnalité civile, ce qui n’est pas nécessaire » selon elle.
« D’autres jurisprudences ailleurs dans le monde, notamment en Colombie, ont bien montré qu’il n’était absolument pas indispensable que le juge ou que la loi reconnaisse une personnalité civile à part », a déclaré à l’AFP Marine Calmet, présidente de Wild Legal.
En Guyane, l’orpaillage clandestin est responsable de la destruction de 150 hectares de forêt et de 100 km de cours d’eau chaque année. Depuis 2003, plus de 3.600 kilomètres de rivières ont ainsi été détruits en Guyane, soit l’équivalent de sept fois la Garonne, selon un rapport parlementaire.




