Malgré les promesses iraniennes et américaines de rouvrir cette voie par laquelle transitaient en temps de paix un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, le manque de précisions n’incite pas les navires à commencer à sortir, estiment les acteurs du secteur.
Les dirigeants « ne fournissent pas suffisamment d’informations sur des aspects clés, tels que le calendrier et les routes sûres », a indiqué dans un communiqué Jakob Larsen, responsable de la sécurité pour l’association professionnelle d’armateurs Bimco.
« Nous estimons que la situation en matière de sécurité pour l’industrie du transport maritime reste volatile » et « qu’il est encore très risqué pour les navires d’entreprendre des transits », a-t-il ajouté.
La quasi-paralysie du trafic de ce passage bloque des centaines de navires dans le Golfe depuis le déclenchement de la guerre, le 28 février.
Un « mémorandum d’entente » entre Washington et Téhéran prévoit la « réouverture du détroit d’Ormuz sous 30 jours », selon l’agence de presse iranienne Mehr. Donald Trump a de son côté déclaré qu’il pourrait rouvrir d’ici quelques jours.
« Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots! », a intimé le président américain en annonçant dans la nuit l’accord censé mettre fin au conflit. Dans un message lundi sur sa plateforme Truth Social, il a affirmé que des pétroliers chargés quittaient le détroit, apparemment par une route proche d’Oman.
Les données de navigation provenant de plateformes de suivi, telles que Kpler, montraient lundi quelques traversées, dont un méthanier, un flux comparable à celui observé au cours des derniers mois de guerre.
L’armateur allemand Hapag-Lloyd a indiqué à l’AFP, dans un courriel, qu’il réévaluait son analyse des risques pour le détroit, tandis que la compagnie maritime danoise Maersk a qualifié l’accord d' »évolution positive » tout en restant prudente sur ses effets.
L’Organisation maritime internationale (OMI) a assuré qu’elle cherchait avec Oman, l’Iran et d’autres États côtiers « la route sûre » pour évacuer les « marins à bord des navires piégés et pour la reprise des échanges commerciaux ».
La reprise des flux de marchandises à leurs niveaux d’avant la guerre prendra du temps et quatre à six mois pour les exportations de pétrole, selon les analystes d’Argus Media.
rlp-lul/zap/bow




