« Le ressortissant indien Ajay Pant, 38 ans, a été inculpé » pour avoir contrevenu aux sanctions en « fournissant ou livrant, directement ou indirectement, par voie maritime, du pétrole ou des produits pétroliers interdits en provenance de Russie à un pays tiers », a-t-elle précisé dans un communiqué.
Le communiqué précise que le parquet britannique a autorisé cette mesure « après examen du dossier soumis par la NCA ».
Selon l’agence, M. Pant comparaîtra mardi devant le tribunal de première instance de Southampton, dans le sud de l’Angleterre.
Les 24 membres d’équipage du Smyrtos, originaires de Géorgie et d’Inde, restent à bord.
Plus tôt, la ministre britannique des Transports, Heidi Alexander, avait ordonné l’immobilisation du navire, l’empêchant formellement de quitter le Royaume-Uni.
Le pétrolier, qui navigue sous pavillon camerounais mais est considéré comme « apatride » par le gouvernement britannique, demeure ancré au large de Weymouth, dans le Dorset.
L’opération nocturne de saisie du navire, spectaculaire, a été saluée par Kiev et Londres comme un coup dur porté à la machine de guerre russe.
Selon des images diffusées par le ministère britannique de la Défense, des commandos des Royal Marines ont abordé le navire au large des côtes du sud de l’Angleterre en descendant en rappel d’un hélicoptère dans l’obscurité. Il s’agit de la première opération de ce type menée par le Royaume-Uni.
Le Royaume-Uni a sanctionné des centaines de navires soupçonnés d’appartenir à la flotte parallèle utilisée par la Russie pour contourner les embargos occidentaux depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022.
Ces navires, généralement des pétroliers anciens à la propriété obscure et à l’assurance douteuse, sont interdits d’accès aux ports et services britanniques.
Selon le site web MarineTraffic, le Smyrtos a quitté le port russe d’Oust-Louga le 5 juin, à destination de Port-Saïd, en Egypte.
En mars, le gouvernement britannique a annoncé que ses forces armées seraient autorisées à arraisonner les navires soupçonnés d’appartenir à la flotte parallèle et à les saisir.
Cette annonce faisait suite à l’assouplissement des restrictions imposées par Washington sur le pétrole russe, visant à freiner la flambée des prix provoquée par la guerre israélo-américaine contre l’Iran.
La France, la Belgique, la Finlande et d’autres pays européens ont également récemment arraisonné des navires soupçonnés d’appartenir à cette flotte parallèle et de contourner les sanctions.




