« On a grandi avec le hareng », raconte à l’AFP cette Néerlandaise de 83 ans. Elle avale le poisson entier cru, orné d’oignons en cubes, seule la tête a été retirée.
« A l’époque, nos pères nous nourrissaient (avec cela) quand on avait faim », se souvient-elle.
« Mais aujourd’hui, presque plus personne n’a connu la faim. Du coup, les enfants n’apprennent pas à manger du hareng », poursuit-elle.
Symbole culturel et historique des Pays-Bas, le hareng peine à toucher les jeunes générations, qui semblent le délaisser.
L’industrie a décidé de miser sur des chefs étoilés et des créateurs de contenus pour le remettre au goût du jour.
Pêché habituellement de mi-mai à mi-juillet, le hareng reste toutefois l’un des poissons les plus consommés aux Pays-Bas : selon l’Office Néerlandais des Pêches, quelque 25.000 tonnes seront produites en 2026, soit environ 175 millions de poissons.
« Le hareng est une partie intégrante de la culture néerlandaise », explique à l’AFP Suzanne Eijkemans.
« On veut montrer aux jeunes que c’est un produit formidable, sain et riche en protéines », ajoute cette chargée de projet de 48 ans, qui a décidé de miser sur le potentiel culinaire et nutritif du vertébré aquatique.
– Un boost espéré des réseaux sociaux –
Dans le port de Scheveningen, des chefs étoilés mijotent des plats à base de hareng remis au goût du jour.
« Quand j’étais petit, mes parents ne mangeaient que du hareng, et mes grands-parents aussi », raconte à l’AFP Yornie van Dijk, chef étoilé et propriétaire du restaurant Basiliek à Harderwijk, dans le centre du pays.
« On dirait que cette tradition a sauté une génération. C’est maintenant à nous de la faire revivre et de faire découvrir aux jeunes à quel point le hareng est délicieux », affirme-t-il.
« On peut le consommer de pleins de façons différentes, en sandwich ou encore cru. En tant que Néerlandais, nous devons être plus fiers de ce produit », ajoute le jeune chef de 32 ans.
Les réseaux sociaux jouent aussi un grand rôle dans l’ambition de rafraîchir l’image de ce poisson culte. Plusieurs influenceurs étaient invités à déjeuner sur place.
Pour Emily Levert, 33 ans, créatrice de contenu qui cumule plus de 90.000 abonnés sur son compte Instagram, « le hareng est un peu comme le sashimi néerlandais ».
« Le hareng est un produit typiquement néerlandais, et grâce à mes contenus et aux réseaux sociaux, j’aimerais faire découvrir cette belle culture aux jeunes générations », affirme la jeune femme, qui a déménagé aux Pays-Bas depuis le Vietnam il y a deux ans.
« On peut toucher un public plus jeune et lui faire découvrir ces traditions qui, avec le temps, deviennent moins familières », abonde son mari Clemens Levert, 35 ans, également créateur de contenu.




