Par Linda Verhaeghe
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Lancement – Avec le RA480, Photospace inaugure une nouvelle gamme de radars spécifiquement développés pour les sous-marins. Compact, durci et « ITAR Free », il associe résistance aux contraintes du milieu immergé et maîtrise des conditions de commercialisation à l’export.
Pression d’immersion, chocs, vibrations… la navigation sous-marine impose des contraintes particulières aux équipements embarqués. C’est à ces exigences que l’entreprise française Photospace vient répondre avec le RA480 : plus qu’un radar naval classique adapté à un nouvel environnement, ce modèle a été conçu pour les conditions opérationnelles propres aux sous-marins.
Sa spécificité repose notamment sur la combinaison de plusieurs caractéristiques techniques. Pour commencer, le radar s’appuie sur une architecture durcie, intégrant des parties tournantes renforcées (antenne, déflecteur, motorisation et collecteur tournant), un bloc d’alimentation résistant aux chocs et aux vibrations, ainsi que des composants actifs durcis intégrés aux cartes de traitement et radiofréquence.
L’ensemble repose ensuite sur une interface mécanique amortissante, et intègre également un radôme boule en composite répondant aux exigences de pression et d’étanchéité, ainsi qu’un insert mécanique pour accueillir les connecteurs spécifiques à chaque client. Ses dimensions réduites constituent un autre atout pour son intégration à bord. Le radar peut enfin intégrer en option des fonctions de géolocalisation par satellite (GNSS), d’identification des navires (AIS), de communication radio (VHF/UHF) et de localisation de signaux radio par goniométrie (une technique de mesure de l’angle d’arrivée des ondes radio).
Concrètement, « le RA480 permet au sous-marin d’établir sa propre position, celle des navires aux alentours et de naviguer. Grâce au récepteur AIS intégré, il fait bénéficier au navire d’un système anti-collision. Il se distingue en outre par une compacité très élevée, d’à peine 480 mm. Par l’utilisation d’antennes Photospace innovantes, nous réduisons de 20 % la taille des antennes d’un radar de 600 mm, mais en améliorons les performances de 10 % », précise Antoine Guenin, cofondateur et directeur technique de Photospace.
Autre particularité, le RA480 est « ITAR Free », c’est-à-dire qu’il n’intègre pas de technologies soumis à la réglementation américaine ITAR (International Traffic in Arms Regulations), qui encadre strictement l’exportation et le transfert de matériels et de technologies liés à la défense d’origine américaine. En s’affranchissant de ces contraintes, Photospace conserve la maîtrise de la commercialisation de son radar à l’international, sans dépendre des autorisations d’exportation américaines liées à ITAR. Une indépendance qui constitue un enjeu de souveraineté technologique, puisqu’elle permet de limiter l’impact des règles d’exportation d’une puissance étrangère et de conserver plus de liberté dans leurs choix d’équipement.
Un lancement qui accompagne le développement industriel de Photospace
« Premier né de notre nouvelle gamme, les premières livraisons interviendront dès 2028 », annonce Antoine Guenin. Selon Antoine Monbet, cofondateur et directeur général de Photospace, le RA480 rencontre un fort intérêt : « Outre une commande enregistrée, nous avons reçu plusieurs demandes de devis », indique-t-il.
Avec le RA480, dont une vue 3D est visible sur le stand de Photospace à Euronaval, l’entreprise franchit une nouvelle étape dans le développement de son offre dédiée au secteur naval de défense. Créée en 2006 par trois ingénieurs, celle-ci célèbre cette année ses 20 ans. La PME compte aujourd’hui 35 collaborateurs et a notamment développé une expertise dans les systèmes optroniques et antennaires pour sous-marins, avec ses gammes de mâts optroniques MTT1 et d’antennes multifonctions A130, qui équipent plusieurs marines.
Pour accompagner sa croissance, un nouveau bâtiment de 2 000 m² sera construit en 2027, en région parisienne, réunissant le siège social et une nouvelle unité de production, dont la surface sera multipliée par cinq. Représentant un investissement de 10,5 millions d’euros, le site doit être livré à la mi-2028.




