Nouvelles règles d’indemnisation chômage, un « cercle vicieux » pour certains

« Mi-novembre, nous avons eu notre premier témoignage » d’un chômeur concerné, raconte Vladimir Bizet-Sefani, militant à la CGT Chômeurs rebelles du Morbihan. Depuis, l’organisation en a enregistré une centaine.

A l’origine du problème, une mesure phare de la convention d’assurance chômage appliquée depuis octobre et qui vise quelque 2,8 millions de chômeurs indemnisés: les droits rechargeables.

Il y a un an, au moment de l’accord de la convention, valable 24 mois jusqu’à mi-2016, son coût avait été estimé à 400 millions d’euros.

Ce mécanisme permet à un chômeur de préserver des droits à indemnisation en cas de reprise d’emploi alors qu’il en perdait une partie auparavant. Revers de la médaille : lorsqu’un salarié perd son emploi, il doit épuiser ses anciens droits à indemnisation, s’il lui en reste, avant d’en obtenir de nouveaux. Il peut donc se trouver pénalisé temporairement si ses anciens droits sont inférieurs aux nouveaux.

Parmi les personnes touchées, Emilie, 34 ans, cadre du secteur bancaire. Elle a « senti le sol se dérober » sous ses pieds quand on lui a annoncé le versement de 1.050 euros d’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) au lieu des 1.800 espérés.

De 2010 à 2012, la jeune femme enchaîne les contrats à durée déterminée (CDD) puis un CDI en tant qu’assistante, rémunérée environ 1.500 euros nets par mois.

Puis les deux années suivantes, elle décroche « le poste visé » de cadre bancaire, toujours en CDD, mais cette fois rémunéré à 3.000 euros nets mensuels.

Lorsque fin 2014, elle se retrouve au chômage et s’inscrit à Pôle emploi, elle découvre avoir « pris un an ferme de droits à épuiser » calculés sur sa rémunération d’assistante.

« Je me suis effondrée parce que je pensais à mon loyer, mes impôts et on m’a répondu +Ne pleurez pas, vous patienterez un an et après vous retrouverez vos droits+ », raconte la trentenaire.

En grande difficulté financière, ses économies ayant fondu, elle explique « rater tous les entretiens », les recruteurs sentant « une détresse » qu’elle « tente pourtant de cacher ».

– A la recherche de solutions –

Conscientes du problème, les organisations patronales et syndicales se réunissaient mardi afin de tenter de trouver de « premiers éléments de solutions » et corriger les « dysfonctionnements » au plus tard à la fin du mois.

Pourtant « dès juillet », la CGT Chômeurs Rebelles du Morbihan a alerté sur les « effets pervers » du nouveau système, rappelle M. Bizet-Sefani.

Des effets vécus notamment par Sarah, 35 ans médecin en région parisienne, qui a financé une partie de ses études en étant infirmière à temps partiel, rémunérée environ 1.300 euros nets par mois. Après plusieurs longs CDD en tant que médecin à 3.800 euros par mois, sa « vie a changé » lors de son ouverture de droits auprès de Pôle emploi.

« Je me retrouve avec 335 jours de droits à liquider sur la base de mon ancien travail d’étudiante », déplore la jeune médecin qui après avoir reçu un peu plus de 500 euros d’allocations a dû « prendre le premier travail qui se présentait ». Elle évoque une « cercle vicieux ».

« Coincée jusqu’en juin » sur un CDD à temps partiel où elle gagne entre 700 et 1.300 euros par mois en fonction du nombre de gardes effectuées, Sarah estime que « cette loi lèse les gens qui font tout pour évoluer ».

Ce problème concernerait entre 30.000 personnes par an, selon l’Unédic qui applique des normes restrictives, et « au moins 100.000 », d’après la CGT, dont le blog « CGTChômeursrebelles56 » publie une autre note de l’Unédic selon laquelle 500.000 demandeurs d’emploi seraient affectés.

Pour Pierre-Edouard Magnan, délégué fédéral du Mouvement National des Chômeurs et Précaires, « c’est d’autant plus scandaleux, qu’il s’agit de droits cotisés, donc c’est un dû ».

La France comptait en janvier 3,74 millions de demandeurs d’emploi sans aucune activité inscrits à Pôle emploi, l’outre-mer incluse.

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