Une réunion de conciliation s’est tenue jeudi matin à la préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille avec notamment les syndicats (SAMMM, STC La Méridionale et CGT marins Corsica Linea et La Méridionale), les directions de La Méridionale et de la Corsica Linea et un membre du cabinet du ministère des Transports.
« On n’est pas satisfait des propositions faites par l’Etat et les compagnies », a déclaré à l’AFP Frédéric Alpozzo, secrétaire général CGT des marins de Marseille, peu après la rencontre.
Il a indiqué que la grève des marins est reconduite jusqu’à vendredi matin et l' »attente d’engagements écrits pour défendre l’emploi maritime français ».
Comme pistes envisagées, la CGT souhaite notamment augmenter la desserte en Algérie par la Corsica Linea et La Méridionale depuis Sète et Marseille et une exonération de la taxe carbone pour les déplacements insulaires.
Le mouvement de colère s’est traduit jeudi en Corse par le déroutage de deux navires de la Corsica Ferries vers Propriano et L’Ile-Rousse après avoir été empêchés d’accoster à Ajaccio et Bastia par des marins grévistes de la Corsica Linea qui dénoncent aussi « le dumping social » de la compagnie.
« Les bateaux n’ont pas pu accoster à Ajaccio et Bastia et le premier a été dérouté vers Propriano et l’autre vers l’Ile-Rousse », les ports insulaires les plus proches, a indiqué à l’AFP Antoine Sisco, porte-parole des marins du syndicat autonome des marins de la marine marchande (SAMMM) de la Corsica Linea.
La capitainerie du port d’Ajaccio a confirmé à l’AFP que le bateau de la Corsica Ferries a été empêché d’accoster, le port restant, lui, ouvert.
Mercredi soir, les marins grévistes du SAMMM avaient retardé de plusieurs heures le départ pour Toulon de deux autres navires de la Corsica Ferries à Ajaccio et Bastia.
C’était « une action symbolique », pour « dénoncer le dumping social » de la compagnie Corsica Ferries qui opère sous pavillon international italien avec des conditions sociales moins-disantes que la Corsica Linea qui opère sous pavillon français premier registre, avait indiqué à l’AFP M. Sisco.
Pour les mêmes raisons, la CGT marins a bloqué lundi le navire de croisière MSC Orchestra dans la rade de Marseille.
La CGT marins avait déposé la semaine dernière un préavis de grève de 48 heures débutant lundi matin afin de « sécuriser les emplois » notamment chez la Corsica Linea et la Méridionale.
Le syndicat a avancé plusieurs revendications dont « l’arrêt des autorisations d’escale de Corsica Ferries sous pavillon international italien entre Sète et les ports de Corse », « l’interdiction du pavillon italien international sur les lignes territoriales françaises à passagers » ou encore « l’engagement écrit de l’État garantissant le financement des DSP (délégations de service public, NDLR) maritimes Corse-continent jusqu’à leur terme en 2030 ».
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