A Marseille, un rendez-vous pour décarboner la marine marchande

Marseille (France), 3 fév 2026 (AFP) – Chantiers navals, armateurs, industriels du transport maritime,… Les principaux acteurs européens de la mondialisation du commerce sur les mers se réunissent mardi au salon Euromaritime à Marseille, autour des enjeux de la décarbonation.

A ce jour, aucune solution pérenne et viable n’émerge encore pour décarboner l’ensemble des porte-conteneurs géants, des pétroliers ou des vraquiers qui acheminent 90% des marchandises transportées et qui sont responsables de 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon l’Organisation maritime internationale (OMI).

D’autant que les négociations internationales entre les 176 états membres de l’OMI pour parvenir à un cadre normatif international obligeant les navires de plus de 5.000 tonnes à réduire progressivement leurs émissions dès 2028, ont échoué l’automne dernier à Londres sous la pression des Etats-Unis de Donald Trump.

Il n’empêche, le secteur, tout du moins en Europe, ne baisse pas les bras. « La décarbonation n’est pas une option, elle est une exigence », souligne dans sa présentation du salon Samira Draoua, directrice générale de LD Armateurs et présidente de l’édition 2026 d’Euromaritime qui se tient tous les deux ans.

« Elle implique d’anticiper des investissements lourds, de commander des navires de nouvelle génération et de repenser nos modèles économiques ».

Plus de 300 exposants sont présents à Marseille jusqu’à jeudi, avec la participation de pays maritimes comme la Norvège, la Grèce et de plusieurs exposants d’Asie ou du Moyen-Orient. Outre les représentants d’armateurs et de chantiers navals, le salon accueille aussi des acteurs de l’innovation spécialisés dans la motorisation électrique ou hydrogène par exemple.

Trois ministres français seront présents mercredi, Catherine Chabaud (Mer), Sébastien Martin (Industrie) et Philippe Tabarot (Transports).

A la différence du transport aérien qui travaille surtout sur les e-carburants pour remplacer le kérozène d’origine fossile, ou de l’automobile qui mise essentiellement sur l’électrification et les batteries pour faire baisser ses émissions de CO2, chaque profil de navire ne peut pas adopter les mêmes solutions, dit à l’AFP Philippe Missoffe, délégué général du GICAN, le syndicat professionnel représentant le secteur de la construction navale en France.

Le GICAN a déterminé onze leviers pour décarboner le secteur, des « nouveaux carburants » à la propulsion à voile, en passant par l’électrification des ports à quai, afin de réduire durablement les émissions de CO2 liées à l’utilisation de carburants d’origine fossile. Rien qu’en France, un budget de 1,3 milliard d’euros par an est nécessaire pour décarboner la flotte et les ports, souligne-t-il.

« Il y a effectivement beaucoup d’innovations dans ce secteur, mais aucune n’est encore disponible en quantité industrielle pour tout un territoire », souligne Fanny Pointet, de l’ONG européenne Transport et Environnement.

« Pour nous, les biocarburants qui risquent d’alimenter la déforestation ne sont pas une solution pour décarboner le maritime, pas plus que le gaz naturel liquéfié (GNL) adopté par certains armateurs », dit-elle à l’AFP, plaidant plutôt pour les « carburants de synthèse », obtenus en mêlant du CO2 avec de l’hydrogène à condition que ce dernier soit lui-même obtenu à partir d’électricité décarbonée.

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