Arctique: la Russie ouvre une enquête pour “piraterie” contre les militants de Greenpeace

“Une enquête criminelle relevant de l’article 227 point 3 du code pénal russe (piraterie en groupe organisé) a été ouverte”, a indiqué le Comité dans un communiqué.

Ce crime est passible en Russie de 15 ans de détention.

“Toutes les personnes qui ont commis l’attaque contre la plateforme auront à répondre selon la loi, indépendamment de leur nationalité”, a ajouté cette source, alors que parmi les militants à bord de l’Arctic Sunrise se trouvent plusieurs étrangers.

Des membres du Comité d’enquête ont d’ores et déjà été dépêchés à Mourmansk (nord), où le brise-glace de Greenpeace est en train d’être remorqué par les autorités russes, après avoir été pris d’assaut jeudi manu militari par des forces spéciales, selon l’ONG.

Les enquêteurs “ont l’intention d’interroger tous les participants et d’interpeller les plus actifs d’entre eux”, a précisé le Comité.

Cet organe, chargé des investigations criminelles en Russie, a accusé les militants de Greenpeace d’avoir mis en danger non seulement les personnes travaillant sur la plateforme mais aussi l’environnement par leur action.

“Il est difficile de croire que ces soi-disant militants ne savaient pas que la (plateforme, ndlr) était un objet à haut risque et que toute action non autorisée sur elle pouvait provoquer un accident qui aurait mis en danger non seulement les personnes se trouvant à bord mais aussi l’écologie”, est-il précisé dans le communiqué.

L’Arctic Sunrise, qui bat pavillon néerlandais, avait été dépêché dans la mer de Barents pour protester contre des projets d’exploitation pétrolière du géant russe Gazprom.

Mercredi, deux militants de Greenpeace, originaires de Suisse et de Finlande, ont été interpellés lors d’une intervention musclée des garde-frontières, alors qu’ils avaient escaladé la plateforme pétrolière Prirazlomnaïa.

Ils ont été relâchés après avoir passé quelques heures à bord d’un navire des garde-côtes, et ont pu rejoindre l’équipe de l’Arctic Sunrise.

Mais jeudi, les garde-frontières ont lancé, selon Greenpeace, un assaut armé pour prendre le contrôle du brise-glace.

Des commandos armés de fusils d’assaut sont descendus d’un hélicoptère à bord de l’Arctic Sunrise et ont enfermé tout l’équipage dans le mess, selon l’ONG.

Gazprom prévoit de lancer la production sur la plateforme Prirazlomnaïa au premier trimestre 2014, et les écologistes dénoncent le risque de pollution dans une zone proche de trois réserves naturelles protégées par la loi russe.

La Russie a fait une priorité stratégique du développement de l’Arctique, une immense zone regorgeant de ressources en hydrocarbures qui n’a pour l’instant pas encore été exploitée.