De janvier à mars, le chiffre d’affaires du groupe français s’est élevé à 13,23 milliards de dollars (-0,2%), se situant pour la deuxième fois seulement au-dessus du chiffre d’affaires de son principal concurrent, le Danois Maersk, deuxième armateur mondial, qui a enregistré un chiffre d’affaires de 12,97 milliards de dollars au premier trimestre.
Les volumes transportés par CMA CGM ont augmenté de 1,5% à 5,93 millions de conteneurs « équivalents vingt pieds » (EVP, la mesure standard de la profession), mais le chiffre d’affaires de l’activité maritime s’est contracté de 8,5% à 8,02 milliards de dollars.
En cause: la baisse des taux de fret sur un an, soit le prix payé par les chargeurs – entreprises et industriels qui font transporter des marchandises d’un continent à l’autre.
Au 1er trimestre, l’indice de référence de la profession, le Shanghai Containerized Freight Index (SCFI) a baissé de 8% en moyenne par rapport aux trois premiers mois de 2025, à 1.536 dollars pour transporter un conteneur EVP, en raison notamment des surcapacités mondiales de flottes de bateaux.
Devant les tensions au Moyen-Orient et les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, le groupe a mis en place des « corridors logistiques alternatifs », routiers, maritimes ou ferroviaires, notamment pour livrer l’Arabie Saoudite, le Koweit et les pays du Golfe isolés du monde par le blocage du détroit d’Ormuz, a souligné le PDG du groupe Rodolphe Saadé dans un communiqué.
Le groupe a mis en place des itinéraires de substitution via les ports de Khor Fakkan et Fujairah, ainsi que via le port saoudien de Jeddah, reliés par des « land bridges », c’est-à-dire des liaisons routières, aux Emirats arabes Unis, au Koweit et à Bahrein pour leur livrer les biens nécessaires au fonctionnement de leurs économies.
– Porte-conteneurs bloqués –
Dans ce contexte, le bénéfice net a reculé à 250 millions d’euros contre 1,12 milliard l’an passé. L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) a chuté de 31,6% à 2,1 milliards de dollars, en raison de l’activité maritime perturbée, notamment dans la région du Golfe.
« Notre priorité dans les prochains mois est de protéger nos équipes, maîtriser nos risques et préserver l’agilité du groupe afin de poursuivre notre croissance et notre développement », ajoute M. Saadé.
L’armateur a encore 11 porte-conteneurs bloqués à l’intérieur du Golfe depuis la fermeture du détroit d’Ormuz, fin février. Trois ont pu partir.
Mais si les bateaux sont bloqués, ce n’est pas le cas des quelque 300 marins qui s’en occupent, régulièrement relevés à bord des bateaux immobilisés, a indiqué à l’AFP une source au sein du groupe.
Les huit marins blessés début mai lors de tirs sur le porte-conteneur « San Antonio », battant pavillon maltais et appartenant à la flotte CMA CGM, « ont été soignés et vont bien mieux », a ajouté cette source.
Malgré le ralentissement général du secteur, CMA CGM a continué sa politique d' »investissements stratégiques » et poursuivi la modernisation de sa flotte.
Le groupe investit notamment dans des zones en développement, l’Inde, le Brésil et l’Afrique (Rodolphe Saadé s’est rendu récemment en Côte d’Ivoire et au Kenya).
Trois opérations importantes ont été réalisées depuis le début de l’année: la signature d’un partenariat stratégique avec le fonds américain Stone Peak pour développer une dizaine de terminaux portuaires dans le monde, dont celui de Santos au Brésil, Los Angeles et New York aux Etats-Unis ; le rachat de Freightliner, opérateur de fret ferroviaire au Royaume-Uni ; l’acquisition du spécialiste de logistique de projet et transporteur de charges lourdes, l’italien Faggioli.
Dans les médias, qui représentent une infirme partie de son chiffre d’affaires, CMA CGM attend le lancement en septembre d’une nouvelle plateforme de streaming RMC+, qui remplacera RMC BFM Play, destinée à aller chercher de nouveaux publics.
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