« Il faut en finir avec la scandaleuse capture de civelles dans la Réserve naturelle nationale de la Baie de l’Aiguillon », réclament dans un communiqué la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature, le président des Réserves naturelles de France et la fédération des pêcheurs de loisirs.
La France est l’un des derniers pays – avec le Royaume Uni, Espagne, Portugal et Italie – à autoriser la pêche commerciale des civelles, l’alevin de l’anguille.
« Pire, cette exploitation est pratiquée jusque dans des réserves naturelles nationales, le plus fort statut de protection en France ! Une incohérence totale dans un espace protégé dont la vocation première est de préserver les équilibres biologiques et de restaurer les espèces en voie de disparition », s’insurgent-ils, dénonçant un « anachronisme » et une « contradiction profonde ».
L’anguille européenne est classée en danger critique d’extinction à l’échelle mondiale par l’UICN depuis 2008. En 2022, le Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) a recommandé l’arrêt de toute pêche à l’anguille, à tous les stades de son développement.
Sa population s’est effondrée de 90% en un demi-siècle.
La France reçoit sur ses côtes une importante partie des civelles qui parviennent en Europe.
Chaque année, un arrêté fixe les quotas de pêche autorisés sur l’espèce. Le dernier en date, du 28 octobre 2025, fixe à 22 tonnes le quota d’anguilles de moins de 12 centimètres destinées à la mise à la consommation pour la saison 2025/2026, qui s’est terminée le 30 avril, et à 17,2 tonnes pour la période entre le 1er octobre 2026 et le 30 avril 2027.
Dans la baie de l’Aiguillon, réserve naturelle nationale située au coeur du parc naturel régional du Marais poitevin, « on capture chaque année jusqu’à 10% du quota national de civelles, soit plus de 15 millions d’individus », souligne le communiqué.
Un groupe de travail a été mis en place depuis l’automne pour étudier les mesures de protection de l’anguille au sein de cette réserve. Ses travaux doivent être rendus sous peu.
Les civelles pêchées sont consommées, pour 40% d’entre elles, tandis que 60% sont relâchées dans d’autres zones à des fins de repeuplement.




