Détroit d’Ormuz: de nouvelles exigences de l’Iran laissent la reprise en suspens

Paris (France), 19 juin 2026 (AFP) – Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz semblait se tasser vendredi au lendemain d’une reprise, l’Iran obligeant désormais les navires souhaitant emprunter cette voie stratégique à suivre un nouvel itinéraire et à faire une demande de transit 48 heures à l’avance.

L’autorité maritime iranienne responsable du détroit d’Ormuz a exigé vendredi que tous les navires souhaitant le franchir soumettent « 48 heures à l’avance » une demande de transit, malgré sa réouverture dans la foulée de l’accord cadre irano-américain pour mettre fin à la guerre.

L’Autorité du détroit du Golfe Persique (PGSA) a également publié une nouvelle carte indiquant deux voies « sûres » de navigation dans le détroit, situées au sud de celles que Téhéran avait dévoilées il y a quelques semaines.

Ces nouvelles voies n’empruntent plus l’étroit bras de mer entre les îles iraniennes de Qeshm et Larak, surnommé le « péage de Téhéran » par le site d’information maritime Lloyd’s List. Mais elles restent au nord (plus proche de l’Iran) de celles qui étaient utilisées avant la guerre.

Vendredi à 17H30 GMT, la plateforme de suivi maritime Kpler avait comptabilisé huit passages du détroit d’Ormuz par des navires de matières premières, contre 22 sur la journée entière de la veille.

En ajoutant les porte-conteneurs, au moins 25 navires commerciaux ont franchi le détroit jeudi. C’est un volume inédit depuis mi-avril, selon le fournisseur de données de navigation AXSMarine.

– Mine confirmée près d’Oman –

Signe d’une reprise de l’activité portuaire dans la région, des camions vides faisaient la queue sur près de trois kilomètres vendredi à l’extérieur du port de Khor Fakkan, aux Émirats arabes unis, juste au sud du détroit, tandis qu’au moins quatre porte-conteneurs y déchargeaient leur cargaison, a décrit à l’AFP un témoin sur place qui a souhaité garder l’anonymat.

D’autres navires étaient visibles à l’horizon brumeux, attendant apparemment leur tour pour accoster et décharger, a-t-il ajouté.

Le Centre d’information maritime conjoint (JMIC), coalition de sécurité maritime de 47 pays, a abaissé jeudi son niveau de risque dans le détroit à « modéré » (niveau 2 sur 5), contre « sévère » en début de semaine (4 sur 5), attribuant cette amélioration à la signature du protocole d’accord irano-américain.

« Toutefois, les navigateurs doivent être informés de la présence de mines » tant que les opérations de déminage se poursuivent, a indiqué le JMIC dans une note.

Jeudi, pour la première fois depuis le début du conflit, la Marine pakistanaise, qui coordonne la diffusion des avertissements de sécurité maritime dans la région du détroit, a signalé la présence confirmée d’une mine navale, à quatre kilomètres des côtes omanaises.

Elle recommande aux navires dans la zone de naviguer « avec une extrême prudence ».

– Incertitude –

Depuis dimanche, jour de l’annonce d’un cadre d’accord entre Téhéran et Washington, environ 50 navires commerciaux sont entrés ou sortis du Golfe, contre près de 600 sur la même période en juin 2025.

Le total pourrait être plus élevé, certains navires éteignant ou manipulant les signaux de leurs transpondeurs AIS afin d’éviter d’être détectés lors du passage.

Le pic de jeudi a suivi la signature du protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran mercredi, et la levée jeudi d’un blocus des ports iraniens imposé depuis le 13 avril par Washington en réponse au verrouillage du détroit d’Ormuz par Téhéran.

Toutefois, des pourparlers prévus vendredi en Suisse, censés donner le coup d’envoi à un processus de 60 jours pour régler le sujet central du nucléaire iranien, ont depuis été reportés sine die, jetant une incertitude sur la situation maritime dans la région.

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