Exploitation des bateaux : MyFerryLink plaidera sa cause les 10 et 11 septembre

La Scop (coopérative ouvrière), qui a fait appel mercredi du 6 juin de la décision de la commission de la concurrence britannique, sera fixée sur son sort fin octobre, selon une porte-parole de la compagnie.

Trois cas de figure sont possibles, selon cette source : une décision cassée, comme l’espère MyFerryLink, amenant la commission à faire appel à son tour, une décision “partiellement cassée”, qui pourrait amener la commission à “revoir sa copie” et enfin une confirmation de la décision, qui rendrait plus incertain encore l’avenir de la compagnie, même si des recours devant les instances européennes restent envisageables.

La Commission de la concurrence britannique avait décidé le 6 juin dernier d’interdire l’exploitation des ferries de la compagnie SeaFrance repris par Eurotunnel au départ du port britannique de Douvres, pour éviter une augmentation des tarifs.

Elle estimait qu’en cumulant un service de ferries avec la gestion du tunnel sous la Manche, Eurotunnel pourrait s’emparer de “plus de la moitié” du marché des liaisons transmanche, et ainsi faire grimper les prix.

Elle avait ainsi sommé Eurotunnel de vendre ses deux plus gros navires parmi les trois qu’il possède afin d’éviter que cette interdiction prenne effet.

En juin 2012, Eurotunnel avait été choisi par la justice française pour reprendre trois navires de la compagnie en faillite SeaFrance, rachetés pour 65 millions d’euros.

Les bateaux ont repris la mer entre août et novembre, sous le pavillon MyFerryLink, une coopérative ouvrière (Scop) créée par d’anciens salariés de SeaFrance, qui emploie aujourd’hui environ 500 personnes, dont une petite centaine côté britannique.

Dans son communiqué, MyFerryLink estime notamment que la commission de la concurrence “n’est pas juridiquement compétente car Eurotunnel et la Scop sont deux sociétés bien distinctes”.

La compagnie estime d’autre part que l’interdiction d’accès au Port de Douvres imposée par la commission “est illégale à double titre car elle est contraire au jugement du Tribunal de Commerce de Paris en date du 11 juin 2012 d’une part et qu’elle ne prend pas en compte la perte d’emplois pour les salariés de la Scop d’autre part”.

Par ailleurs, la Scop “soutient Eurotunnel dans son propre appel”.

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