La première journée d’audience devant la cour d’assises a été essentiellement consacrée à la présentation de l’enquête. Sur les premiers clichés découverts par les jurés, le corps d’Alicia Faye apparaît étendu sur le ventre, le long d’une piste, près d’un mouchoir et d’un sandwich entamé.
Cette jeune femme de 25 ans, en difficulté financière, transportait 25.000 euros destinés à un fournisseur local quand elle a été abattue d’une balle dans la tête le 13 mars 2021, moins de 24 heures après son arrivée à Cayenne.
L’autopsie a établi que la jeune femme a été atteinte d’une balle, entrée à l’arrière du crâne et ressortie par le front.
Les trois accusés répondent de meurtre, complicité de meurtre et vol aggravé en réunion des effets personnels de la victime, pour un procès qui doit durer cinq jours.
Dane Langhorne, dernière personne à avoir vu Alicia Faye en vie, a été remis en liberté le 16 octobre 2024 par la Cour de cassation pour vice de procédure. Il n’a pas respecté son contrôle judiciaire et fait depuis l’objet d’un mandat d’arrêt international.
« La famille Faye n’a pas de volonté de vengeance, ni de haine, mais une volonté de vérité », a déclaré à l’AFP Me Beulque, ajoutant que dans ce dossier « 80% des personnes mentent ».
L’audition de la mère du fugitif, anglophone et entendue comme témoin, s’est révélée laborieuse, la présidente pointant à plusieurs reprises des incohérences entre son récit aux enquêteurs et ses réponses devant la cour.
Considéré par la justice comme le chef du réseau, Flaviano Makkai avait lui aussi été libéré pour vice de procédure en octobre 2024 et avait pris la fuite, avant d’être interpellé dans l’Hexagone à l’automne 2025.
Seul accusé présent dans le box, un homme au visage tatoué et aux longues dreadlocks comparaît pour complicité de meurtre en récidive, après avoir été condamné à 10 ans dans le volet stupéfiants du dossier.
Son avocat, Me Alexandre Thiriez, souligne que son client n’a jamais modifié son discours depuis l’instruction. Pour la défense, il « manque » la caractérisation du lien avec le meurtre, et Me Thiriez insiste sur la « maigreur » des éléments à charge.
La troisième accusée, la compagne de Dane L., comparaît libre.




